Moins d’un adolescent européen sur deux maîtrise suffisamment une langue étrangère pour tenir une conversation : telle est la conclusion d’une étude menée par la Commission européenne dans 14 Etats membres, publiée jeudi dernier. Seuls 42 % des adolescents européens ont un bon niveau dans au moins une langue étrangère, et seul un sur quatre est capable de discuter dans une LV2.

Les pires résultats sont enregistrés en Grande-Bretagne, où 9% des adolescents ont un niveau correct en français, et en France, où à peine 14% des élèves apprenant l’anglais peuvent soutenir une conversation dans cette langue !

« Nous devons faire davantage pour améliorer l’enseignement et l’apprentissage des langues », a commenté Androulla Vassiliou, commissaire européenne chargée notamment de l’éducation, de la culture et du du multilinguisme. « Etre capable de communiquer dans une langue étrangère élargit nos horizons et nous ouvre des portes ».

Peu d’Européens jugent le français utile pour l’avenir

Les cours à l’école restent le meilleur moyen d’apprendre les langues, plébiscités par 46% des Européens, suivis par les séjours réguliers dans un pays où la langue est parlée (9%), les cours en groupe avec un professeur hors de l’école (7%) et la conversation informelle avec un locuteur natif (7%).

Une précédente étude, datée de 2005, avait établi que 56% des Européens de tous âges étaient capables de s’exprimer dans une autre langue que leur langue maternelle. Ils sont aujourd’hui 54%. La baisse enregistrée peut être attribuée en partie à l’abandon, depuis une dizaine d’années, de l’enseignement obligatoire de l’allemand et du russe dans les écoles d’Europe de l’est et centrale.

Les Européens estiment malgré tout à 98% que l’apprentissage des langues étrangères est important pour l’avenir de leurs enfants. Mais ils ne sont que 16% à estimer que le français fait partie des deux langues les plus utiles pour l’avenir, contre 67% pour l’anglais ou encore 17% pour l’allemand.

L’Union européenne compte 23 langues reconnues officiellement, et plus de 60 langues autochtones minoritaires ou régionales.