La Commission européenne a publié la semaine dernière une enquête eurobaromètre spéciale sur les compétences des Européens en langues étrangères. Cette nouvelle enquête montre bien la contradiction entre les aspirations des Français, et en particulier des parents pour leurs enfants, et la décision de supprimer certains concours de recrutement de professeurs de langues.

Si on regarde les données pour la France, on voit qu’espagnol et chinois sont à égalité pour les langues jugées utiles par les Français pour l’avenir de leurs enfants. En première position : l’anglais, sans surprise, et en deuxième ex-aequo : l’espagnol et le chinois, avec 28% d’opinions favorables. On comprend donc mal pourquoi les postes de professeurs titulaires en chinois n’augmentent pas.

Les langues MODIME sacrifiées

L’APLV est préoccupée par la disparition de certaines sections de langues vivantes aux concours de recrutement car cela représente, à terme, une diminution de l’offre proposée dans les établissements. L’arrêt, pour des raisons financières, du recrutement dans beaucoup de langues MODIME (MOins DIffusées et Moins Enseignées), ne pourra que limiter encore la diffusion dans l’enseignement secondaire de ces dernières, déjà sérieusement restreintes au fil des ans.

Une telle mesure est particulièrement dommageable dans une période où c’est une nécessité pour la France d’améliorer son commerce extérieur et pour ses entreprises d’intensifier leurs échanges internationaux, ce qui ne peut se faire qu’en ayant des cadres et travailleurs maîtrisant une grande variété de langues.


Laure Peskine, secrétaire générale de l’Association des professeurs de langues vivantes (APLV).