Le bac, un examen à 100 millions d’euros

Un rapport de l'inspection générale dénonce le coût du baccalauréat, estimé à 100 millions d'euros par session, et propose de simplifier l'examen.

Le ministère de l’Education estime le coût du baccalauréat à quelque 50 millions d’euros. Mais un rapport des inspections générales des Finances et de l’Education nationale, daté de décembre 2011, affirme que la somme est sous-estimée, et que l’examen coûterait en réalité près du double, soit 100 millions d’euros.

Le coût d’une session du baccalauréat a explosé entre 2008 et 2009, selon une enquête menée en 2009 par le Système d’information relatif aux coûts des examens et concours (Sicec). En cause, la « reconquête du mois de juin » généralisée par Xavier Darcos, qui devait permettre aux enseignants de boucler leur programme. Pour compenser cet alourdissement de la charge de travail des professeurs, le ministre a augmenté le tarif de la copie corrigée, passé de 1,32 à 5 euros, et les primes des chefs de centres d’examens, qui dépendent de la taille du centre.

Chaque candidat coûte 82 euros au contribuable

L’augmentation du nombre de candidats, qui a doublé depuis 1985, explique aussi cette envolée du coût du bac. L’édition 2012 compte ainsi 7 % d’inscrits de plus qu’en 2011, avec 703.059 postulants. Le baccalauréat professionnel, passé en 2009 de 4 à 3 ans, « tire les effectifs vers le haut, avec, en 2012, une hausse de 27,6 % du nombre de candidats, soit 219.973 inscrits », précise Jean-Michel Blanquer, directeur de l’enseignement scolaire (DGESCO), à l’hebdomadaire économique Challenges.

Et chaque candidat coûte en moyenne 82 euros : 52 euros pour le bac professionnel, 89 euros pour la filière générale et 100 euros par candidat au bac technologique. Mais « quelle que soit la filière, le premier poste de dépenses, c’est la main-d’œuvre », explique le ministère de l’Education. Plus de 175.000 enseignants sont en effet mobilisés pour organiser et surveiller la session 2012.

Simplifier l’examen en introduisant plus de contrôle continu

Ce coût impressionnant en période de rigueur incite à la réflexion : le bac – cet examen « qui n’intéresse même pas l’enseignement supérieur », selon Maryline Baumard, chef du pôle éducation du Mondea-t-il encore une raison d’être ? D’autant qu’il monopolise  trois semaines d’enseignement pour les lycéens, soit 8 % de l’année scolaire.

Une simplification de l’examen serait un bon compromis. Les auteurs du rapport de 2011 proposent de resserrer le bac, en diminuant les options et en réduisant à quatre le nombre d’épreuves écrites du bac général. Les autres épreuves pourraient être évaluées en contrôle continu – une possibilité à laquelle Vincent Peillon ne se dit « pas hostile ».

Un sondage IFOP pour le journal Sud-Ouest de dimanche indique que plus de 8 Français sur 10 sont favorables à une part de contrôle en cours de formation au bac, soit 25 points de plus qu’en 2005.

Quentin Duverger

Source(s) :
  • challenges.fr, lemonde.fr, francetv.fr, igf.finances.gouv.fr, sudouest.fr

1 commentaire sur "Le bac, un examen à 100 millions d’euros"

  1. peisson  23 juin 2012 à 19 h 31 min

    Comment peut-on comptabiliser le salaire des enseignants lors des examens du bac alors qu’ils ne sont pas rémunérés en plus. Les surveillances sont faites sur nos heures de service. Tout est bon pour en arriver à créer des bacs à plusieurs vitesses.Signaler un abus

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