Dans un entretien hier sur BFMTV et RMC, le ministre de l’Education nationale Vincent Peillon a affirmé que la mise en place d’une part de contrôle continu au baccalauréat n’était pas « une voie interdite ».

Le ministre a rappelé que cela se fait déjà pour d’autres baccalauréats que le bac général – pour le bac pro en particulier. Il a expliqué que cette mesure « fera partie de la discussion de cet été », tout en souhaitant « que les choses évoluent, c’est l’intérêt des élèves ».

Vincent Peillon a toutefois qualifié cette question de « marronnier ». Pour lui, « le vrai problème français c’est bac-3 – bac+3 ». Il déplore les « coupures » entre collège et lycée, où l’« on fait du tri social », et « du lycée à l’université », rappelant que « 90% » des bacheliers professionnels sont « en échec au premier cycle universitaire ».  C’est pourquoi il n’est « pas hostile » à l’instauration de davantage de contrôle continu au bac, mais comme « tout ce qui pourra conduire à faire qu’il y ait davantage de continuité, moins de barrage, une meilleure orientation pour les élèves ».

Le salaire des enseignants pas revalorisé dans l’immédiat

Dans ce même entretien, Vincent Peillon aborde également la priorité accordée au primaire, l’allongement des vacances de la Toussaint et la réforme des rythmes scolaires, ou encore le manque d’intérêt du redoublement… Et, questionné sur une éventuelle revalorisation du salaire des enseignants, Vincent Peillon explique qu’il y a d’autres « urgences ».

Le ministre rappelle que le budget de l’éducation sera avant tout consacré à l’amélioration de la « condition matérielle et morale » des enseignants, par exemple « le fait d’être bien formé (…), le fait qu’on améliore les affectations, le fait qu’on mette plus de maîtres que de classes dans les zones prioritaires, là où il y a plus de difficultés ».

Pour le ministre, on ne choisit pas d’être professeur « pour l’argent », et les enseignants font partie pour lui de ces « gens pour qui l’argent n’est pas le premier moteur ». Il estime qu’on choisit plutôt d’être professeur des écoles « parce qu’on a une certaine idée de l’humanité, on a une certaine idée de sa patrie, on a une certaine idée de l’Etat général, on a une certaine idée du service public, on a une idée de l’instruction, de la liberté de conscience ».