A l’image des enseignants français ayant posé nus pour un calendrier pour dénoncer le « dépouillement » de l’école, les étudiants québécois ont manifesté pour beaucoup presque entièrement nus à Montréal, dans la soirée de ce jeudi 7 juin.

Ils étaient entre deux et trois mille à manifester au son de casseroles, pour protester contre une hausse prévue de 82% des frais de scolarité pour les étudiants. « 82% c’est ça qui est indécent », dénonçait l’une des pancartes brandies par les manifestants.

Les étudiantes ont caché leur poitrine sous les carrés rouges symboles de la grève étudiante du « printemps érable ». « Notre nudité exprime la demande de transparence », a déclaré à l’AFP un participant, après que les négociations entre étudiants et gouvernement ont une nouvelle fois échoué la semaine dernière. Les étudiants soupçonnent le gouvernement de Jean Charest, Premier ministre du Québec, de cacher ses « vraies motivations ». « Avant, j’avais honte de mon corps. Maintenant, c’est de mon gouvernement », proclamait le panneau tenu par l’une des étudiantes.

La police a arrêté 39 personnes à l’occasion de cette manifestation, pour des motifs aussi divers que la possession de cocktail Molotov, des voies de fait sur un policier, des jets de pierres, de morceaux de bois ou de peinture sur les forces de l’ordre, ou encore des infractions aux règlements municipaux.

La police anti-émeute est intervenue en fin de soirée avec des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes, pour empêcher les étudiants de s’approcher des stands du Grand Prix de Formule 1, entourés d’invités en tenue de soirée et de voitures de luxe. Les manifestants dénoncent l’organisation de ce Grand Prix, financé en partie par le Québec, alors qu’ils doivent affronter une augmentation sans précédent de leurs frais de scolarité.