Ray Bradbury est mort : l’écrivain de
science-fiction préférait les bibliothèques
aux universités

Ray Bradbury, célèbre auteur de "Fahrenheit 451" et des "Chroniques martiennes", s'est éteint hier à 91 ans. Toute son éducation lui venait d'une fréquentation assidue des bibliothèques.

Ray Bradbury est décédé hier à Los Angeles, à l’âge de 91 ans. Il était l’auteur de plus de 27 romans et recueils, parmi lesquels Fahrenheit 451, Chroniques martiennes et La foire des ténèbres – et de plus de 600 nouvelles. Pour certains, c’est lui qui a donné ses lettres de noblesse au genre de la science-fiction, avec ses descriptions poétiques et lyriques de mondes imaginaires. Il a pourtant toujours refusé l’étiquette d’écrivain de science-fiction, trop restrictive à son goût.

Mieux vaut aller à la bibliothèque qu’à l’université

« Faites ce que vous aimez, et aimez ce que vous faites. L’imagination devrait être au centre de votre vie », proclamait Ray Bradbury, lui qui est tombé « amoureux des livres » dès l’âge de 5 ans. Il a 7 ans quand il entre dans une bibliothèque pour la première fois, en quête de livres sur le magicien d’Oz et sur Tarzan. « J’ai ouvert la porte de la bibliothèque, j’ai regardé à l’intérieur, et il y avait tous ces gens qui m’attendaient, (…) des milliers de gens (…), les auteurs des livres. » Il découvre à la bibliothèque ses plus grandes influences : Steinbeck, Shakespeare, Emily Dickinson et Edgar Poe. « Quand vous allez dans une bibliothèque, vous allez à la découverte de vous-mêmes. »

Il affirme qu’il vaut mieux aller à la bibliothèque qu’à l’université, d’autant plus que « la plupart des étudiants n’ont pas d’argent ». « Quand j’ai quitté le lycée, c’était la Grande dépression, se souvient l’écrivain. Je ne pouvais pas aller à l’université, alors je suis allé à la bibliothèque trois jours par semaine pendant 10 ans. » Cela semble lui avoir réussi.

La lecture au coeur de la démocratie

Depuis l’âge de 12 ans, Ray Bradbury a écrit tous les jours, sans exception. Son livre le plus célèbre, Fahrenheit 451, publié pour la première fois en février 1951 et adapté par François Truffaut en 1966, raconte l’histoire d’un « pompier » chargé de brûler des livres licencieux. « Nous devons tirer des leçons de l’histoire à propos de la destruction des livres. Quand j’avais 15 ans, Hitler a fait brûler des livres dans les rues de Berlin. J’ai alors appris combien c’était dangereux, parce que sans avoir de livres et sans savoir lire, on ne peut pas faire partie d’une société (…), pas participer à une démocratie. Si vous ne savez pas lire, vous ne savez pas choisir. »

Mais pour Ray Bradbury, « il n’y a pas besoin de brûler des livres pour détruire une culture. Juste de faire en sorte que les gens arrêtent de les lire », a déclaré l’auteur, qui s’est plaint vers la fin de sa vie de la trop grande place accordée à la technologie. La télévision ne fait pour lui que détruire l’intérêt pour la littérature, tandis qu’Internet n’est qu’« une grande distraction », affirme-t-il en 2009. Le web, « c’est vide de sens, ce n’est pas réel ». Vous voilà prévenus.

Quentin Duverger


Source(s) :
  • Youtube, latimes.com, lemonde.fr, ActuaLitté

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