Evaluations CE1-CM2 : vers un nouveau système ?

Nécessaires pour les élèves et les enseignants, les évaluations des acquis voient leur dispositif fustigé par les syndicats et Vincent Peillon, le nouveau ministre de l’Education, qui promet « un autre type d’évaluation » dès cet été. Décryptage.

Alberto G./CC/Flickr

Ces dernières semaines, plus d’1,5 million d’élèves de CE1 et de CM2 ont planché sur les évaluations nationales des acquis, en mathématiques et en français. Mis en place en 2009 par Xavier Darcos, ces examens devaient à l’origine servir aux enseignants à mieux cerner les points du programme mal ou non acquis, ou encore à repérer les élèves ayant besoin de soutien.

Aujourd’hui, le dispositif de ces examens est dans la ligne de mire du ministre de l’Education nationale Vincent Peillon, du Haut conseil de l’éducation (HCE), de nombreux syndicats d’enseignants mais aussi de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE). Sur le plan pédagogique, d’abord, les opposants critiquent une notation souvent « sommaire » à base de code : 1 pour « juste », 9 pour « faux », par exemple.

« Cette rigueur extrême est contestable », explique Christian Estève, instituteur depuis une quarantaine d’années, dont dix en classe de CM2. Côté calendrier, les partisans d’un nouveau dispositif s’accordent à dire qu’il serait préférable d’organiser les évaluations en début d’année scolaire, voire en janvier, « afin de pouvoir redresser la situation sans mettre en cause notre collègue de l’année précédente », poursuit Christian Estève.

« Outil politique » et mise en concurrence des écoles

En annonçant cette année, pour la première fois depuis sa mise en place, la suspension des remontées nationales des résultats, Vincent Peillon a critiqué un système servant « à la communication gouvernementale et à des statistiques erronées », a-t-il expliqué lors d’une visite dans une école à Brie-Comte-Robert (Seine-et-Marne). « Il y a là un mélange des genres entre un outil permettant à l’enseignant de jauger le niveau de sa classe et la volonté gouvernementale d’établir un bilan chiffré, afin de montrer le bienfondé d’une politique éducative », s’insurge Sébastien Sihr, secrétaire général du Syndicat national unitaire des instituteurs professeurs des écoles et PEGC (SNUipp-FSU). « Or le temps éducatif ne peut se satisfaire du temps politique, toujours plus court », poursuit-il.

Cet « outil politique » est d’ailleurs peu fiable, dans la mesure où certains professeurs préparent leurs élèves à ces examens. Car, côté tests, les professeurs des écoles aussi sont concernés : « À travers la problématique des remontées nationales, il y a la question sous-jacente de la nouvelle notation des enseignants, un temps voulue par l’ex-gouvernement. On s’est sérieusement demandé si nous aussi n’étions pas visés par ces examens », s’interroge Christian Estève.

Des conséquences indirectes d’un système qui favoriserait ainsi une mise en concurrence des écoles. « Cela ouvrirait une sorte de marché scolaire, où les parents ne jugeraient qu’en fonction d’un palmarès, de surcroît assez peu rigoureux dans sa méthode de classement », redoute Sebastien Sihr.

Un « nouveau système d’évaluation » dès cet été

Si ces tests sont globalement jugés utiles et nécessaires, nombreux sont les partisans de deux types d’évaluations bien distinctes. Ainsi, selon plusieurs syndicalistes, dont Sébastien Sihr, celle des acquis des CE1 et CM2 « doit être totalement déconnectée d’une étude statistique menée sur un échantillon, de façon scientifique, par un organisme extérieur », comme la Direction de l’évaluation de la performance et de la prospective (Depp).

Vincent Peillon, qui a indiqué la mise en place d’un « nouveau système d’évaluation » dès cet été, va demander une étude sur le sujet et se concertera avec l’ensemble des acteurs avant toute mesure. « Nous attendons une remise à plat des dispositifs, afin d’établir une politique claire aussi bien pour les enseignants que pour les parents », espère Sébastien Sihr. Un constat partagé par l’enseignant Christian Estève : « Après plusieurs années d’agitation, nous avons besoin de calme. Cette pression perpétuelle est épuisante ».

1 commentaire sur "Evaluations CE1-CM2 : vers un nouveau système ?"

  1. alainaugé  9 juin 2012 à 9 h 09 min

    Arrêtez de nous bassiner avec les niveaux de maths et français. Ces deux matières (et non disciplines) ne sont que dess outils mis à disposition pour apprendre les véritables disciplines (physique, biologie, etc.). Il n’y a pas de corrélation entre « bon en maths et intelligent » ! Il faut apprendre aux enseignants qu’il existe 8 formes d’intelligence (Howard Gardner). Le QI sert à 15% à l’embauche aux US, alors que le QE sert à 85%. Il faut booster « La main à la pâte » au primaire, les Itinéraires de découverte et les Enseignement intégrés de science et technologie au collège, les Travaux personnels encadrés au Lycée ET CONSTITUER DES VERITABLES EQUIPES PEDAGOGIQUES; Le maître après Dieu dans sa classe doit être banni… Il faut motiver les élèves qui actuellemnt s’ennuient dans leurs classes.Signaler un abus

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