La musique rayée de l’offre scolaire publique du Bas-Rhin à la rentrée 2012

Un collectif s'élève contre la suppression de l’enseignement musical dans tous les établissements publics du Bas-Rhin.

En raison de l’application de la réforme Chatel du lycée combinée au non remplacement d’un fonctionnaire partant à la retraite sur deux, le Lycée Fustel de Coulanges, comme d’autres lycées de la Communauté Urbaine de Strasbourg, est amené à perdre de nombreuses options jusqu’alors offertes aux élèves. C’est une véritable organisation de la pénurie à laquelle nous assistons et qui ne semble pas devoir s’arrêter ou s’arrêtera trop tard pour de nombreux enseignements dits « rares ».

En effet, les règles d’affectation des élèves à l’entrée en Seconde ont été modifiées afin d’empêcher tout regroupement d’élèves demandant des options rares. Ces élèves, désormais disséminés dans différents établissements, ne sont alors nulle part assez nombreux pour justifier localement l’existence de certaines options, alors que le besoin existe à l’échelle de la CUS, voire à l’échelle du département. Ce phénomène de non respect des vœux des familles est amplifié par le fait que le Rectorat a décidé de réduire le financement, et donc l’offre, d’options, notamment pour la série L.

En réponse à ces suppressions d’options au lycée Fustel de Coulanges, le Rectorat avait évoqué le transfert de certaines options vers d’autres lycées de la CUS.

D’une part, on ne peut que souligner l’absurdité du système. Les élèves suivant actuellement une option en Seconde sont amenés, soit à changer d’établissement entre la Seconde et la Première (ce dont on peut douter quand on connaît l’ancrage légitime des élèves dans un lycée à partir de la Seconde), soit à devoir changer d’établissement uniquement pour suivre une option (ce qui implique un coût de transport supplémentaire pour les familles dans un créneau d’emploi du temps sans doute déconnecté de l’emploi du temps habituel de l’élève).

D’autre part, il n’est pas certain que ces « transferts » soient équilibrés, les créations étant bien moindres que les destructions d’options. A l’échelle de la CUS, pour l’ensemble des matières, c’est 28 postes de professeurs qui sont supprimés à la rentrée 2012, pour seulement 4 créations.

Mais surtout, les annonces faites par le Rectorat de transférer les options d’un lycée à un autre se sont révélées creuses. Alors que, faisant confiance à l’institution, retardant le moment d’exprimer nos critiques, nous avions pris acte de leur promesse d’assurer le maintien de l’enseignement musical dans un des lycées publics du Bas-Rhin (passant du Lycée Fustel de Coulanges au Lycée Marie Curie de Strasbourg), nous découvrons avec amertume que les objectifs gestionnaires ont primé sur la mission de service public qui incombe à l’Education Nationale : au mépris de la diversité culturelle, le Rectorat a décidé de ne pas ouvrir cette option en Première à la rentrée 2012, ce qui justifie dès aujourd’hui sa suppression en Seconde, et justifiera sans aucun doute sa suppression en Terminale à la rentrée 2013. Plus aucun lycée public ne proposera donc cette option musique dans l’ensemble du département du Bas-Rhin. Ce ne sont plus seulement des classes que l’on ferme, ou des heures que l’on réduit, il s’agit ici de la disparition totale d’un enseignement pour tout un département.

Les décisions prises par les responsables nationaux et rectoraux de l’Education Nationale conduisent ainsi à réduire la richesse de l’offre de formation au lycée (en langues et pour les arts notamment). Précisons que dans le même temps, les établissements privés du Bas-Rhin créent les disciplines « rares » qui disparaissent des lycées publics. La suppression de l’enseignement musical n’est qu’une des nombreuses suppressions à craindre dans l’Education Nationale tant que la logique comptable prévaudra sur les enjeux de formation intellectuelle et culturelle.

C’est pour cette raison que nous nous élevons dès aujourd’hui contre une mesure symptomatique des choix politiques passés et appelons le nouveau ministre de l’Education nationale et le Rectorat de Strasbourg à revenir d’urgence sur une décision délétère pour l’ensemble de l’Education Nationale.

Le Collectif de :

– Professeurs du Lycée Fustel de Coulanges

– Professeurs d’enseignement musical du Bas-Rhin

– Parents d’élèves

– Elèves

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