60 enseignants désobéisseurs ont lancé hier un appel réclamant la reconnaissance symbolique de « leur action pour l’école de la République » et la levée de « toutes les sanctions qui [les] ont frappés ».

« Nous n’avons pas de rancune, mais nous n’oublions pas les silences gênés, les mises en quarantaine, l’indifférence et la sinistre théorie des sanctions blessantes et ridicules : blâme, baisse de note, rétrogradation d’échelon, refus de promotion, retrait de direction, retenues sur salaire, suspension. Comme nous n’oublierons jamais la confiance des élèves, de maints parents et d’élus conscients de la justesse de nos combats », écrivent-ils.

Les signataires de « l’appel des 60 » demandent également à « être reçus col­lec­ti­ve­ment par le ministre de l’Education natio­nale (Vincent Peillon) pour deve­nir dès à pré­sent une force de pro­po­si­tion dans le débat sur l’école qui s’annonce ». « Notre réflexion sur les enjeux scolaires ne saurait être ignorée par le nouveau ministère », estiment-ils, rappelant avoir « dénoncé sans relâche et non sans découragement, jour après jour, les atteintes répétées à la liberté pédagogique, la « caporalisation » des esprits, l’absence de dialogue avec la hiérarchie, la soif de compétition, la course à l’évaluation, l’obsession du fichage ».

Le mouvement des enseignants « désobéisseurs », amorcé en 2007, a pris de l’ampleur avec la publication de la lettre  d’Alain Réfalo, « En conscience, je refuse d’obéir« .