Discours de François Hollande aux Tuileries

Hommage de François Hollande à Jules Ferry. © TF1

Lors de son discours cet après-midi dans le jardin des Tuileries, François Hollande a rendu hommage à Jules Ferry, ministre de l’Instruction publique de 1832 à 1893 et auteur des lois républicaines rendant l’école « gratuite, laïque et obligatoire ». Un choix logique pour le président socialiste nouvellement investi, qui a placé l’éducation au coeur de sa campagne.

Plus de 300 personnalités de la communauté de l’éducation et de la recherche, parmi lesquelles les anciens ministres de l’Education Jacques Lang et Jean-Pierre Chevènement, ainsi que des représentants des parents d’élèves et des syndicats d’enseignants ont été conviés. Près de 500 élèves de collèges parisiens, issus des académies de Paris, Versailles et Créteil étaient également présents.

François Hollande a déposé une gerbe au pied de la statue de Jules Ferry, avant de lui rendre un vibrant hommage – tout en déplorant la « faute morale et politique » qu’a constitué « sa défense de la colonisation ». Le nouveau président avait suscité la première polémique de son mandat en choisissant de rendre hommage à Jules Ferry, qui déclara en juillet 1885 à l’Assemblée nationale qu' »il y a pour les races supérieures un droit, parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures ».

François Hollande était ici pour saluer le « législateur » Ferry, à l’origine des lois du 16 juin 1881 et du 28 mars 1882, rendant l’enseignement laïc, gratuit et obligatoire.

« Je connais la difficulté de votre tâche, j’en sais la grandeur »

Le nouveau président voit l’école comme un « lieu de liberté, un lieu d’émancipation, un lieu d’égalité », et la source de la « justice » sociale. « Arme de l’égalité républicaine », elle doit être un lieu d' »intégration de tous les enfants, d’où qu’ils viennent ». C’est pourquoi « priorité sera accordée aux écoles des quartiers populaires ainsi qu’à celles de certaines zones rurales (…), abandonnées, oubliées ».

Il a souhaité adresser ses premiers mots de président de la République « aux professeurs des écoles, aux enseignants du secondaire, aux universitaires, aux chercheurs (…) mais aussi à tous les agents, des plus modestes jusqu’aux plus prestigieux ». « Je connais la difficulté de votre tâche, j’en sais la grandeur », a assuré François Hollande.

Une « nouvelle hiérarchie de valeurs », avec « la science » au sommet

François Hollande a réaffirmé sa promesse de recruter 60.000 personnels pour l’Education nationale, souhaitant que l’école « retrouve tous les moyens d’être fidèle à sa vocation », et rappelant qu' »on ne peut pas enseigner sans un encadrement suffisant », ni sans une véritable « formation professionnelle » pour les enseignants.

Il veut mettre en place une « nouvelle hiérarchie de valeurs », au sommet de laquelle on trouvera « la science, l’intelligence, la recherche, la volonté d’apprendre et de transmettre », qui devront être respectées « bien davantage que l’argent ».

Les principes des lois Ferry : « égalité, mixité sociale, laïcité » et « apprentissage de la citoyenneté », seront au coeur de la politique que François Hollande conduira, « pour que la jeune génération puisse vivre mieux que la nôtre ». Il s’est posé en « garant de la transmission des connaissances » et « de l’égalité républicaine ».

Le nouveau président doit maintenant se rendre à l’Institut Curie, pour rendre hommage à Marie Curie. Si Jules Ferry est un symbole de la fondation de la république et de l’école, Marie Curie représente la recherche scientifique (avec ses deux prix Nobel, de physique en 1903 et de chimie en 1911), la parité, et l’intégration des étrangers en France.