Les syndicats respirent, mais l’école n’en demeure pas moins en crise. Alors que se déroule actuellement à Lille le congrès du SNPDEN-UNSA , premier syndicat des personnels de direction de l’éducation nationale, Philippe Tournier, son secrétaire général, indiquait, à la veille du congrès à l’AEF, que « Pisa 2012 devrait être une nouvelle gifle ».

Espoirs, attentes, revendications

Pour sortir de la spirale de l’échec, il faut pour lui « sortir la scolarité obligatoire du monde de la compétition, une compétition qui commence dès la maternelle avec le début de l’apprentissage de la lecture. Certains sont d’ailleurs exclus très tôt sans que l’on sache bien pourquoi ». Par ailleurs estime-t-il, « si l’école veut réaliser les valeurs qu’elle promeut, les solutions sont déjà connues depuis 30 ans : réduire le nombre d’heures de cours, raccourcir les vacances d’été, rendre le système moins élitiste ».

De son côté, le SNES, premier syndicat du secondaire, interpelle déjà le futur ministre de l’éducation, dans un communiqué le 7 mai stipulant qu' »un plan d’urgence pour la rentrée 2012 doit être le premier pas d’un renouveau pour l’Education et particulièrement le second degré ».

L’enseignement supérieur n’est pas en reste : le SNESUP-FSU, premier syndicat de l’enseignement supérieur, indiquait l’AEF le 7 mai, demande à être reçu au plus vite, et réclame « l’abrogation du pacte pour la recherche, de la loi LRU et de ses décrets d’application (comités de sélection), du décret statutaire des enseignants-chercheurs, par l’abandon des processus dits ‘d’excellence’ pour stopper le creusement des inégalités entre établissements, l’abrogation des textes liés à la formation des enseignants et l’abrogation de la circulaire Guéant ».

Enfin, les syndicats dans leur ensemble attendent la « grande conférence économique et sociale » inscrite au programme de François Hollande, qui devrait avoir lieu mi-juillet.

Les syndicats rassurés par l’élection du nouveau président, sont néanmoins dans l’attente de mesures rapides et concrètes.

Un chantier colossal

La tâche qui attend le nouveau gouvernement est immense : certains ne cachent pas leur pessimisme. Dans sa lettre à François Hollande, Christophe Barbier, directeur de la rédaction de L’Express l’exprime ainsi cette semaine : « votre programme ne laisse pas d’inquiéter. L’Etat est en faillite, les spéculateurs sont en embuscade, le monde vous regarde. Il ne s’agit pas de dépenser moins, il s’agit de dépenser beaucoup moins, et vite. Des augmentations promises pour diverses allocations aux 60 000 postes prévus dans l’Education, la liste de ce qui n’est pas raisonnable est fort longue. »

Le grand chantier qui attend le gouvernement, outre la mise en place d’un plan d’urgence pour la rentrée scolaire, est, détaille L’Express, la préparation de la grande loi d’orientation et de programmation de l’automne, qui aura pour objectif de revoir en profondeur le système éducatif.

Au programme : réforme des rythmes scolaires, de la formation des enseignants, de la carte scolaire, de l’éducation prioritaire. Et l’annulation de la RGPP -avec le rétablissement des 60 000 postes supprimés-, de la mise en place des classes pré-professionnelles au collège, de la mise en place des évaluations de CE1 et CM2.

 « Les ennuis commencent »

Il s’agit d’un projet colossal, ce qui fait dire à Bruno Julliard, secrétaire national à l’éducation du parti socialiste, à L’Express, que « les ennuis commencent ».

L’urgence est là et les premières revendications concrètes ne se font pas attendre. On peut lire ainsi sur le site ladepeche.fr que Sauvons l’école, qui réunit la FCPE, la FSU et le SE-UNSA, va publier aujourd’hui ses 10 mesures d’urgence pour la rentrée 2012.

A quoi pourrait-elle donc ressembler, cette fameuse rentrée ? Le Parisien la décrit par anticipation. Il y aura, comme s’y est engagé François Hollande, 1000 enseignants de plus. Certes, mais cela ne compensera pas les 14 000 suppressions de postes du gouvernement Fillon. Dans un premier temps, ils seront affectés là où il y en a le plus besoin, notamment dans les Rased. Du nouveau aussi pour les enseignants débutants : ils verront leur emploi du temps allégé et pourront ainsi avoir davantage d’heures à consacrer à leur formation.

Une chose est sûre en tout cas : le décret sur l’évaluation des enseignants, qui vient d’être publié au J.O, va être abrogé dès la prise de fonction du nouveau gouvernement. Vincent Peillon vient de l’annoncer.