Comment protéger et préserver sa voix ?

Si certains enseignants n’auront jamais de difficultés, d’autres devront s’entraîner plusieurs années pour développer leur résistance, leur efficacité et leurs performances vocales. Voici quelques conseils et outils pour économiser sa voix et éviter laryngite, enrouement voire aphonie.

Voix

Flickr/laurent.breillat

« Les jeunes instituteurs ne savent pas prendre soin de leur principal outil de travail, constate Linda Bsiri, formatrice en voix et auteure d’un guide de la voix pour les enseignants (1). Ils n’ont pas appris à l’économiser pour mieux la préserver. Pourtant quelques conseils avisés et un peu d’exercice peuvent leur faire gagner plusieurs années d’apprentissage en la matière. » De fait, selon une enquête de la Mutuelle générale de l’éducation nationale (MGEN) menée en 2005 auprès des enseignants, un homme sur trois et une femme sur deux déclarent avoir souvent ou toujours des troubles de la voix.

Progresser par étapes

Prendre soin de sa voix, c’est d’abord la préparer. « C’est apprendre à bien respirer, explique Linda Bsiri, car le son repose sur le souffle. » Cela signifie utiliser toute la capacité respiratoire de ses poumons pour apporter un maximum d’oxygène aux muscles et cerveau. Concrètement, c’est respirer avec le ventre. « C’est aussi avoir une bonne posture des orteils aux oreilles, ajoute la formatrice. Il s’agit d’être bien ancré dans le sol, d’avoir les pieds posés à plat, de se tenir droit, les épaules ouvertes. »

Produire les sons

Après la préparation, vient la « fabrique » du son. Ce dernier commence toujours sans attaque, il est comme un athlète qui démarre doucement pour s’échauffer puis augmente l’intensité de son activité au fur et à mesure de la pratique. Il s’ouvre progressivement. L’air qui va actionner les cordes vocales, doit être amplifié. « L’idée est donc d’utiliser d’une part ce que j’appelle les résonateurs du crâne, ces éléments dont chacun peut prendre conscience en émettant de petits bourdonnements. Et d’autre part les éléments de la bouche qui vont donner leur forme au son, la langue et le palais. ».

Donner du rythme à son discours

Une voix fatiguée lasse l’auditoire, tout comme un discours sans rythme. Ce qui bien souvent amène l’enseignant à forcer sur sa voix pour récupérer l’attention de ses élèves.
« Le registre de la voix et l’intensité des sons sont liés au rythme des propos, indique Linda Bsiri. Les enseignants qui ne veulent pas voir leur classe s’endormir et leur voix s’enrayer doivent jouer avec les graves, les aigus et la vitesse des mots. Sachant qu’un silence bien placé peu avoir le même effet que l’élévation du son de la voix. »

Apprendre et s’entraîner

Pour économiser sa voix, rien ne vaut une bonne formation, un entraînement régulier ainsi qu’une bonne hygiène de vie. Préférer l’eau et les tisanes à l’alcool qui irrite les cordes vocales et aux boissons gazeuses qui favorisent l’acidité gastrique. Enfin, privilégier des environnements calmes et prendre soin de son sommeil. En effet, un corps fatigué et stressé produira une voix serrée sans répondant ni tonus.

Note(s) :
  • (1) Guide de la voix à l'usage des enseignants : cycles 1, 2 et 3 Editions Retz 2010

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