Nicolas Sarkozy a affirmé mercredi, lors du débat télévisé qui l’opposait à François Hollande, avoir « supprimé » les IUFM, qui étaient « une catastrophe ». Une déclaration qui a surpris Patrick Demougin, président de la Conférence des directeurs d’instituts de formation des maîtres (CDIUFM), et qui a obligé l’institution à opposer un démenti formel.

« S’ils ont certes changé de statut en 2008, » indique la CDIUFM dans son communiqué, « les IUFM sont loin d’avoir disparu puisqu’ils ont été intégrés au sein de l’université en tant qu’écoles internes, qu’ils accueillent aujourd’hui plus de 30.000 étudiants qui suivent leurs enseignements et que, dans de nombreuses académies, la formation des professeurs stagiaires ne pourrait se faire sans eux. Près de 3.000 enseignants et enseignants-chercheurs y travaillent, sans compter les nombreux personnels administratifs et de service ainsi que les partenaires impliqués dans la mise en œuvre des formations ».

De plus, « juger que les IUFM ont été une catastrophe relève d’une caractérisation infamante pour l’ensemble de la communauté professionnelle qui y exerce ainsi que pour les étudiants qui y préparent des masters et des concours exigeants. Les IUFM sont et ont été la composante essentielle de l’action de l’État en matière de formation des enseignants. (…) Ils contribuent et contribueront, au sein des universités, à mettre en place les ressources humaines et intellectuelles utiles à l’amélioration du service public d’éducation ».

Un blog éducation du Monde rapporte que « dans plusieurs IUFM, le téléphone n’a pas arrêté de sonner ce jeudi. Des parents suspicieux se demandaient si les études de leur enfant n’étaient pas une couverture… des épouses voulaient vérifier que leur mari n’avait pas un travail fictif… »

Il ne s’agit pas de la seule erreur du président sortant lors de ce débat. Nicolas Sarkozy a par exemple affirmé que la France avait le taux d’encadrement « le plus élevé de l’OCDE » en primaire, alors qu’une note du Conseil d’analyse stra­té­gique indique précisément le contraire.