Alors que débutait hier une « quinzaine sans devoirs » à la maison, à l’appel de la FPCE (première fédération de parents d’élèves), le ministre de l’Education nationale Luc Chatel a dénoncé une opération « démagogique » basée sur une « idée proprement inégalitaire ».

Pour le ministre de l’Education, « ce type d’initiative malheureuse abîme la notion même de mérite républicain ». « Avec le pédagogisme, le renoncement à l’effort est l’un des grands maux qui ont trop longtemps affaibli notre École », écrit-il dans un communiqué publié hier, tout en rappelant que « les enfants des familles favorisées bénéficieront toujours d’un encadrement et d’un soutien à domicile ».

Les devoirs à la maison sont officiellement interdits dans le primaire depuis 1956. La FCPE invite donc parents et enseignants « à imaginer ensemble d’autres modes de communication sur le travail fait en classe et d’autres façons d’accompagner la scolarité des enfants en famille ». Le site de l’Icem-Pédagogie Freinet a recueilli dans le cadre de cette opération les témoignages d’enseignants proposant des alternatives aux devoirs.

L’association ATD Quart Monde voit dans les devoirs une source de « grandes inégalités » sociales, puisque tous les parents ne sont pas autant disponibles pour accompagner les enfants pendant leurs devoirs. Elle propose donc que ces travaux personnels soient réalisés pendant « le temps scolaire ».

L’un des témoignages de parents les plus consultés sur le site cesoirpasdedevoirs.blogspot.fr de la FCPE dit : « Je vous soutiens! (…) ça donnera un avantage à mes enfants à qui je demanderai de continuer à faire des devoirs, que je donnerai et surveillerai s’il le faut. »