A partir de ce lundi 26 mars, la fédération de parents d’élèves FCPE et l’Institut coopératif de l’école moderne (Icem-Pédagogie Freinet) appellent les enseignants et les parents à vivre une quinzaine de jours sans devoirs à la maison.

Durant cette quinzaine, parents et enseignants sont invités à poster leurs témoignages sur le site cesoirpasdedevoirs.blogspot.com. « Je n’ai pas le diplôme pour être enseignante et pourtant tous les soirs depuis 7 ans je suis obligée de tenir ce rôle », déplore par exemple Véronique P. Mère de deux filles en primaire, Dominique M. estime que les « 15mn à 1h30 » qu’elles passent chaque soir à faire les devoirs est un temps « délirant ». La plupart des parents d’élèves dénoncent « un calvaire », aussi pénible et anxiogène pour eux que pour leurs enfants après de longues journées d’école ou de travail.

« Nous rejetons cette forme de « sous-traitance pédagogique » aux familles », annonce l’appel de la FCPE, « cause de conflits quasi quotidiens entre parents et enfants ». Si l’on avance souvent que ce sont les parents qui sont demandeurs de devoirs, la FCPE estime « qu’ils n’en demandent que parce que c’est souvent le seul lien qu’on leur propose avec ce qui se passe en classe », et plaide pour « d’autres modalités de communication avec les enseignants ».

L’association ATD Quart monde, à l’origine d’une plateforme « Construire ensemble l’école de la réussite de tous ! », estime que le travail scolaire à la maison est « source de grandes inégalités », selon la disponibilité des parents ou des ressources documentaires à la maison (accès à Internet, livres…), et demande que les travaux personnels soient compris dans « le temps scolaire ».

Les devoirs à la maison ont pourtant été interdits dans le primaire par une circulaire du 29 décembre 1956. Ce texte observe que « le travail écrit fait hors de la classe, hors de la présence du maître et dans des conditions matérielles et psychologiques souvent mauvaises, ne présente qu’un intérêt éducatif limité », et demande donc aussi que ces devoirs soient faits et corrigés pendant les heures de cours. Elle n’a jamais été suivie d’effets réels.