Professeur d’histoire, Défendin Dénard témoigne aujourd’hui sur Europe1 de la difficulté d’enseigner la guerre d’Algérie aux élèves sans tomber dans les clichés. « Ce qui est difficile pour le prof d’histoire est d’essayer de sortir de [la] caricature », affirme-t-il.

Une tâche compliquée que rendent encore plus ardue le peu d’heures d’enseignement qui y sont consacrées (1 à 2 h en 4e et 1ère) et le manque d’information dans les manuels scolaires. En effet, « les manuels ne présentent pas toujours des documents intéressants » explique Défendin Dénard. Il faut donc « aller chercher bien plus d’ouvrages universitaires pour essayer d’apporter beaucoup plus de choses aux élèves ».

Mais tous les enseignants ne font pas cet effort. « On est obligés de suivre le programme, on ne peut pas dévier, les professeurs nous ressortent [le même cours] à chaque fois » même si « on n’est pas d’accord sur tout », déplore Amine, élève d’origine algérienne.

Cependant, note Défendin Dénard, le sujet doit être traité avec précaution. Lors du cours sur les divisions entre Algériens, à propos des harkis, « j’ai très souvent des élèves qui vont être véhéments », fait-il remarquer.

Les accords d’Evian consacrant l’indépendance de l’Algérie ont été signés le 18 mars 1962, soit 50 ans jour pour jour ce dimanche.