Une nouvelle cérémonie de parrainage d’étudiants étrangers menacés d’expulsion s’est tenue hier à l’université Paris-VI. Ce rassemblement, organisé par les collectifs du 31 mai et d’Université Universelle, a été l’occasion pour des personnalités du monde intellectuel (universitaires, journalistes, politiques), de dénoncer « le gâchis incroyable » occasionné par les directives de la circulaire Guéant, dont la nouvelle mouture fait toujours polémique.

« J’ai honte de voir ces diplômés partir au Canada, c’est indigne, insensé, triste, minable, ce n’est pas la France que nous connaissons » s’est notamment indigné le journaliste Serge Moati, parrain d’une étudiante algérienne.

Malgré une nouvelle version de la circulaire Guéant, publiée le 12 janvier, la mobilisation ne faiblit pas. Censée assouplir les directives du texte du 31 mai sur les conditions d’obtention d’un visa de travail pour les étudiants étrangers, elle n’est, pour Fatma Chouaieb, porte-parole du Collectif du 31 mai, qu' »un coup de bluff« . « Dans les préfectures de région et de département, rien n’a changé », a-t-elle déploré. Une situation également dénoncée par Pascal Maillard, qui relevait la semaine dernière sur Mediapart que « les autorités préfectorales [s’arrogeaient] le droit de définir et de déterminer seules les critères académiques et pédagogiques qui permettent d’inscrire ou non les étudiants dans les établissements d’enseignement supérieur et de recherche », ce qui n’entrait pas dans le domaine de « leurs attributions et encore moins de leurs compétences ».

La pétition « Notre matière grise est de toutes les couleurs« , lancée par le Collectif Université Universelle, affiche aujourd’hui plus de 35 000 signatures.