A 3 mois de l’édition 2012 du baccalauréat, le ministre de l’éducation, Luc Chatel, a présenté hier lundi des mesures pour éviter les incidents de l’an dernier, en particulier une fraude lors d’une épreuve de mathématiques de la série scientifique.

Le 22 mars, Luc Chatel présentera au Conseil supérieur de l’éducation (CSE) un décret pour que des sanctions « plus efficaces et plus dissuasives » soient prises par un conseil de discipline piloté par le recteur, qui se réunirait « dès la fin des épreuves du bac, avant le 15 juillet ». Actuellement, les commissions se réunissent au sein des universités en septembre.

Cette proposition a été dénoncée par la quasi-totalité des syndicats d’enseignants ainsi que par la fédération de parents d’élèves FCPE, les étudiants de l’Unef et les lycéens de l’UNL, qui y voient « un tribunal d’exception », dans lequel ne seraient pas représentés les étudiants ni les élus des personnels.

Le ministre a aussi évoqué « la mise en place d’une charte de déontologie », qui serait signée par tous ceux chargés de la préparation de l’examen, ainsi qu’une amélioration de la « sûreté des locaux ».

Notes éliminatoires et moins d’options

Les inspections générales ont par ailleurs remis hier au ministre de l’Education nationale un rapport intitulé Propositions pour une évolution du baccalauréat. Les auteurs estiment qu’une réforme du baccalauréat devrait poursuivre trois objectifs : « simplification de l’examen, amélioration de sa qualité certificative, cohérence avec l’enseignement supérieur. »

Ils préconisent en particulier l’instauration de notes éliminatoires. Aujourd’hui, 5 % des bacheliers scientifiques et 22 % des littéraires obtiennent moins de la moyenne à deux de leurs trois matières principales, et décrochent le bac grâce à leurs notes dans des disciplines non spécifiques à leur filière et des options. Des notes éliminatoires dans les matières principales permettraient de rééquilibrer les filières, notamment en diminuant le nombre de « littéraires contrariés » en filière S, choisie avant tout pour son image élitiste.

Ils proposent également de ramener le coefficient des épreuves facultatives à 1 pour limiter leur influence dans l’obtention d’une mention, de remplacer les oraux de rattrapage par un simple examen du livret scolaire, ou encore de renforcer la place du contrôle continu dans l’évaluation.

Luc Chatel estime lui aussi qu’« il faudra à l’avenir un baccalauréat qui soit recentré sur l’essentiel », « concentré sur moins d’épreuves, avec moins d’options facultatives, moins d’épreuves facultatives, sans doute un recours plus important à des contrôles continus ».