Des professeurs d’université et maîtres de conférence témoignaient lundi dans Le Monde de la difficulté des universités à faire face au « tourbillon permanent » des réformes mises en oeuvre depuis cinq ans.

Cette politique de réforme « a replacé les universités au centre de l’enseignement supérieur et de la recherche, mais les méthodes ont été traumatisantes », estime en effet Jean-Marc Broto, enseignant de physique à l’université Toulouse-III.

En cause notamment, la loi LRU sur l’autonomie des universités, « vendue » comme « génératrice de marges de manœuvre ». Or, « jamais les universités et les enseignants-chercheurs n’en ont eu aussi peu ! dénonce Hervé Lelourec, prof de psychologie à l’université de Nantes. Les financements n’ont pas suivi ». De plus, comme l’explique Etienne Boisserie, maître de conférence à l’Inalco, la loi LRU « remet en cause la règle qui veut que les enseignants-chercheurs déterminent la politique scientifique de leur établissement ».

Autre point de divergence, la création de pôles universitaires d’excellence par le biais des Idex. Si, pour Jean-Michel Broto, « le mot excellence […] signifie emmener le plus loin possible tous les étudiants », Etienne Boisserie craint « un risque d’appauvrissement du savoir », dû à la concentration des crédits sur des projets « dans une logique de court terme et de recherches dirigées ».