Thierry Caron publiait lundi dans le Monde une tribune dénonçant « le risque enseignant, ou la face cachée de l’Education nationale ». Pour cet ancien enseignant, devenir professeur fut « l’initiative la plus risquée, la plus dangereuse » de sa vie.

Appartenant aux « petits profs », comme ils les appelle, « ces « choses à peine tolérées qui servent de variables d’ajustement dans le corps enseignant, et qui, durant des temps plus ou moins longs, servent la fonction, sans en avoir les avantages », il évoque le « peu de soutien, les condamnations éventuelles et dès lors sans appel » et « le mépris à peine voilé de certains collègues ».

« L’expérience […]laisse des traces, raconte Thierry Caron. Je ne doute pas que mes propos font échos dans certaines chaumières : il y a un précariat (pour ne pas dire un prolétariat) du professorat ! »

L’ancien professeur dédie sa chronique à une enseignante démissionnaire, pour cause de symptômes de maladie psychiatrique, qui « a tout perdu, y compris sa dignité et les dix années de bons et loyaux services qu’elle a rendus à l’Éducation nationale ».

« L’Éducation nationale ferait bien de prendre soin de ses professeurs, avant qu’un nombre élevé d’entre eux ne tourne casaque…  » conclut Thierry Caron.