« Il y a un peu plus de 400.000 élèves de moins dans l’Education nationale depuis dix ans, et il y a 45.000 professeurs de plus » : cette approximation de Nicolas Sarkozy hier matin au micro de RTL a suscité de vives réactions de la gauche et dans la presse.

Benoît Hamon, porte-parole du PS, a qualifié ces chiffres de « fantaisistes » et estimé que Nicolas Sarkozy « racontait n’importe quoi sur l’Education nationale ». « Depuis 2002, il y a 63.000 élèves en plus dans l’école française » et « il n’y a pas 45.000 profs en plus, il y en a 76.217 en moins », a-t-il relevé. Il a accusé Nicolas Sarkozy de servir « un nouveau mensonge pour justifier qu’on continue à supprimer des postes » de « professeurs, remplaçants, de Rased, de psychologues scolaires ».

Vincent Peillon, chargé de l’éducation au PS, qui dit se baser sur le « recueil de données Repères et références statistiques, publié très officiellement par l’Education nationale, et les séries statistiques de l’INSEE », chiffre la diminution des effectifs à 149.000 élèves et 61.432 postes de professeurs de moins entre 2000 et 2010.

Selon le blog « Désintox » de Libération, qui se base sur les statistiques du ministère, il y a 146.700 élèves et 20.795 professeurs de moins depuis l’année 2000-2001. « Les Décodeurs » du Monde évaluent la baisse à 170.159 élèves et 32.785 enseignants de moins, à partir des publications de la Depp. Quelle que soit la source, les chiffres sont très éloignés de ceux avancés par Nicolas Sarkozy.

L’état-major de Nicolas Sarkozy a réagi hier après-midi en affirmant que la langue du candidat avait « fourché » : « Il voulait dire depuis vingt ans et non depuis dix ans ».

Le président candidat poursuit sa semaine consacrée à l’éducation avec un grand meeting ce soir à Montpellier. Dans une interview accordée au Midi Libre, il estime que « les ensei­gnants doivent être davan­tage pré­sents dans les établis­se­ments, dis­po­nibles pour les élèves. En contre­par­tie, leur rému­né­ra­tion sera for­te­ment aug­men­tée, et ils dis­po­se­ront de bureaux, où ils pour­ront tra­vailler, rece­voir les élèves et leurs parents ».