Au micro de RTL ce matin, Nicolas Sarkozy, candidat à sa propre succession à l’Elysée, a abordé la question de l’éducation.

Invité à réagir sur la publication d’une enquête qui le déclare « impopulaire » auprès des professeurs (46 % des enseignants comptant voter pour François Hollande au premier tour de l’élection présidentielle), Nicolas Sarkozy a souhaité rappeler que « l’école appartient au peuple de France, l’école n’appartient pas aux seuls enseignants, aux seuls représentants des enseignants. L’école appartient à tout le monde et le discours sur l’école doit être un discours général », a poursuivi le président. Il voit les professeurs « comme des citoyens » comme les autres, et préfère s’adresser « aux Français dans leur ensemble ».

Nicolas Sarkozy a par ailleurs dénoncé « la démagogie extravagante » du candidat socialiste François Hollande, qui propose de recréer 60.000 postes dans l’éducation nationale en cinq ans. « Il y a un peu plus de 400.000 élèves de moins dans l’Education nationale depuis dix ans, et il y a 45.000 professeurs de plus. S’il suffisait d’embaucher des profs pour que l’école fonctionne et que les profs soient heureux, on devrait avoir l’école qui fonctionne le mieux au monde et les professeurs les plus heureux du monde », a-t-il dit.

Nicolas Sarkozy envisage pour sa part de « revaloriser d’urgence la fonction enseignante », qui souffre d’une « paupérisation ». Il estime d’autre part qu’il « faut repenser le rôle des enseignants et rediscuter » de leur travail, mettant en cause le décret de 1950 qui définit le métier d’enseignant par un nombre d’heures de cours. Certains élèves « ont besoin à la sortie de la classe d’avoir des adultes qui les accompagnent, qui les aident », a affirmé le président, insistant sur l’importance d’une « pédagogie différenciée ». « Je ferai des propositions sur le sujet : sur la base du volontariat, il faut plus d’adultes dans l’école, (et) il faut mieux rémunérer les adultes auprès de nos enfants », a-t-il affirmé.

Les annonces du candidat Sarkozy s’inscrivent ainsi dans la continuité de ses voeux aux personnels de l’éducation, à l’occasion desquels il avait proposé aux enseignants d’être plus présents dans les établissements, en contrepartie d’une meilleure rémunération.