Un juge de l’Utah condamne à lire « Les Misérables » au lieu d’une peine de prison

Le juge américain Thomas Willmore condamne certains prévenus à lui rendre un compte-rendu de lecture des Misérables de Victor Hugo, pour méditer sur l'importance d'une deuxième chance.

Juge et marteau - photo s_falkow / Flickr

Crédit photo : s_falkow / Flickr

Dans Les Misérables de Victor Hugo, écrit en 1862, Jean Valjean, désespéré, vole des chandeliers chez Monseigneur Bienvenu, un évêque qui l’héberge. Quand la police le rattrape, l’évêque lui pardonne et affirme à la police qu’il lui a fait don des chandeliers. Valjean réalise à la suite de cet acte de charité l’importance de devenir un homme bon.

« C’est de la belle, de la merveilleuse littérature », estime le juge Thomas Willmore, qui exerce à Logan, dans l’Utah. Très inspiré par cette parabole sur l’importance d’accorder une deuxième chance, il condamne certains prévenus à des compte-rendus de lecture de l’oeuvre de Victor Hugo au lieu de peines de prison. Il ne l’envisage pas comme une forme de punition, mais comme un « outil » pour aider les gens à faire le point sur leur vie.

Le juge Willmore a recouru plusieurs fois à cette sentence particulière, depuis un coup d’essai en 2009. Il estime qu’il y a quatre composantes essentielles à prendre en compte dans chaque verdict : la punition en elle-même, la dissuasion (pour éviter la récidive), l’exemplarité (pour dissuader les autres), mais aussi la réhabilitation à l’issue de la peine. Cette sentence s’inscrit pleinement dans cette dernière dimension. Le juge la réserve surtout aux prévenus dont c’est la première comparution en justice, afin qu’ils n’aient pas l’impression que tout est fini pour eux.

« Changing Lives Through Literature »

Le juge Willmore n’est pas naïf au point de croire qu’une personne peut être complètement sauvée par la lecture. Mais il a constaté les bienfaits de l’introspection qu’entraîne une lecture réfléchie. Certains accusés continuent d’ailleurs à lui faire parvenir des compte-rendus de nouvelles lectures.

Willmore cherche à confronter les gens à leurs problèmes à travers les lectures qu’il prescrit, c’est pourquoi il impose plutôt à certains prévenus de lire le « Gros livre » – le manifeste des Alcooliques Anonymes, qui détaille les douze étapes de leur programme.

A l’échelle fédérale, le programme officiel « Changing Lives Through Literature« , né en 1991 dans le Massachusetts, poursuit les mêmes objectifs dans huit états américains. Dans le cadre de ce programme, certaines peines sont converties en obligation d’assister et de participer à des séminaires de littérature pendant une période de probation, avec un certificat à la clé. Le programme se targue d’un taux de récidive de 20 %, contre 45 % à l’issue de peines traditionnelles.

Source(s) :
  • Actualitté, Associated Press, Flavorwire

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1 commentaire sur "Un juge de l’Utah condamne à lire « Les Misérables » au lieu d’une peine de prison"

  1. douces  10 février 2013 à 15 h 28 min

    Que dire si ce n’est : continuez le programme !Signaler un abus

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