L’université de Strasbourg, soucieuse du nombre croissant d’expulsions d’étudiants étrangers inscrits dans l’établissement, se mobilise contre les restrictions de la circulaire Guéant.

Fin janvier, le Conseil d’administration de l’université avait voté une motion contre les modalités de ce texte restreignant l’accès à l’emploi des étudiants étrangers diplômés en France. En effet, selon Pascal Maillard, enseignant à l’université, ces derniers temps, « les cas se mul­ti­plient : on en a eu une tren­taine en deux ans, et ces der­niers temps, deux par semaine nous sont signa­lés. C’est catastrophique ! »

Le 13 février, des centaines de personnes, profs et étudiants, se sont rassemblées au tribunal administratif pour soutenir Ansoumane, un étudiant guinéen menacé d’expulsion après que la préfecture a contesté le sérieux de ses études. « Du jamais vu » pour une avocate présente sur les lieux. Cela n’a pourtant pas empêché le rejet du recours du jeune homme par le tribunal.

« Un mou­ve­ment de mobi­li­sa­tion est en train de naître parmi les col­lègues, a affirmé Pascal Maillard. Une inter­syn­di­cale va pro­po­ser à la pré­si­dence de mettre en place une cel­lule d’alerte et d’information pour que ces étudiants ne vivent plus la peur au ventre ».

Selon le président de l’université de Strasbourg, Alain Beretz, « une uni­ver­sité qui reçoit plus de 20% d’étudiants étran­gers (plus de 8.000) ne peut que s’inquiéter de les voir sou­mis à de plus en plus de res­tric­tions administratives ».