L’Assemblée nationale a adopté hier mercredi en première lecture la pro­po­si­tion de loi sur la for­ma­tion des enseignants du député UMP Jacques Grosperrin.

Cette proposition de loi, présentée en procédure accélérée (une seule lecture dans chaque assemblée) et qui doit encore être discutée au Sénat, stipule que « la formation des maîtres est assurée par les établissements d’enseignement supérieur, notamment par les universités », et non plus « par les instituts universitaires de formation des maîtres » (IUFM) comme le prévoit actuellement le code de l’éducation.

Une dizaine d’organisations du monde éducatif – la FSU (première fédération de l’éducation), le syndicat enseignant SE-Unsa, la Société des agré­gés, la Ligue de l’enseignement, Sauvons l’Université… – se sont vive­ment opposées à ce texte. Elles dénoncent « une démo­li­tion en règle » de la formation des enseignants, déjà mise à mal par la réforme de la masterisation, et craignent l’ouverture de la formation des enseignants à des organismes privés, ce qui pour Jacques Grosperrin « relève du fan­tasme ».

Les députés de gauche ont tenté de s’opposer à un texte jugé « néfaste », présenté dans « la précipitation » et « sans concertation aucune ». Martine Faure (PS) a stigmatisé un texte « consacrant la mastérisation qui a privilégié une formation universitaire au détriment d’une véritable formation pédagogique ». Elle a cité le récent rapport de la Cour des comptes sur la masterisation, qui conclut à un « véritable désastre de la réforme de la formation des maîtres ».

Pour Jacques Grosperrin, il s’agit simplement « de tirer les conséquences de l’intégration des IUFM au sein des universités ». « L’université a très largement la capacité de s’acquitter de cette tâche », la formation des enseignants, estime le député UMP Jean-Marie Binetruy. « Pour les socialistes, le credo c’est « tous formés au même moule ! ». Ce n’est pas notre conception à nous qui avons donné leur autonomie aux universités », précise-t-il.