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Raphaël Labbé/Flickr

Le salon Expolangues confrontait ce vendredi deux conceptions totalement différentes de l’écriture : le langage SMS défendu par l’écrivain Phil Marso et l’orthographe plus traditionnelle soutenue par Micheline Sommant, linguiste des Dicos d’Or.

Le langage SMS : une piste pour améliorer les résultats en orthographe ?

Phil Marso présentait dans son atelier une orthographe alternative inspirée de l’écriture SMS : la PMS (Phonétique Muse Service). Version « améliorée » du langage utilisé sur les téléphones mobiles, la PMS introduit de nouveaux caractères pour en améliorer la lisibilité. Elle utilise notamment l’apostrophe, pour séparer les mots, ou le signe ¥, symbole de la monnaie japonaise, pour retranscrire le son « yen ». Ainsi, en PMS, « hôtesse de l’air » donnera « ot’S 2 l’R », et « hyène » s’écrira tout simplement « ¥ ».

Selon Phil Marso, inventeur de cette nouvelle écriture, la PMS faciliterait l’apprentissage du français chez les élèves en difficulté. Elle ranimerait en effet l’intérêt pour la langue et l’écriture, tout en gardant « l’esprit du cancre » qui consiste à « casser des codes et en créer d’autres », dixit son créateur.

Les Dicos d’Or, symbole de l’orthographe traditionnelle française

Micheline Sommant, linguiste des Dicos d’Or, dispensait quant à elle une dictée digne du plus célèbre concours d’orthographe classique. Très inspirée par la gastronomie, elle faisait la part belle aux règles de francisation des mots étrangers. L’on y apprenait notamment que les tapas s’accordent au féminin, que les tortellinis se mettent au pluriel, ou encore que le serrano fait désormais partie des noms communs.

A l’école, ces deux conceptions de l’écriture s’affrontent également. A l’heure où le niveau d’orthographe des élèves ne cesse de chuter, les propositions d’orthographes alternatives se multiplient. Mais la plupart des enseignants continuent de défendre et d’inculquer les règles traditionnelles d’écriture de la langue française.