La commission des affaires culturelles de l’Assemblée nationale a adopté hier mercredi, en l’amendant, la proposition de loi sur la formation des enseignants du député UMP Jacques Grosperrin.

Au cours des dix derniers jours, dix organisations du monde éducatif (FSU, Snes, SNUipp, Unsa-Education, FCPE, Société des agrégés, Ligue de l’enseignement, Unef, Snesup, Sauvons l’Université) ont vivement dénoncé, dans des communiqués, « une démolition en règle » de la formation, « une liquidation des IUFM » et l’ouverture d’une « porte en grand à des pré­pa­ra­tions pri­vées au métier d’enseignant ». Le texte prévoit en effet de supprimer toute référence aux IUFM, et de confier la formation des maîtres « notamment », donc pas exclusivement, aux universités.

« L’ouverture au privé relève du fan­tasme, il n’y a aucune crainte à avoir », affirme Jacques Grosperrin, pour qui les termes « notamment les universités » renvoient aux établissements non universitaires qui proposent aussi des formations d’enseignants, telle l’Ecole normale supérieure (ENS) de Cachan. Pour couper court à la polémique, le député a fait intro­duire par la commission des références aux « établissements d’enseignement supérieur », et à « un cahier des charges » établissant les règles de formation des enseignants, alors que son texte initial parlait de « référentiel », ce qu’avait déploré la Conférence des directeurs d’IUFM.

Dans un communiqué publié vendredi, la CDIUFM a souhaité « un vrai projet » pour la formation des enseignants et « non un replâtrage » effectué « dans la précipitation ». Elle remarque que « dans quelques mois la majorité nouvellement élue, quelle qu’elle soit, aura toute légitimité pour développer son projet pour l’éducation ». De même, la députée PCF Marie-Hélène Amiable a regretté lors de l’examen de cette proposition de loi en commission la « précipitation » et l’« improvisation » de la démarche du député Grosperrin, visant selon elle à « faire adopter le texte à marche forcée avant les échéances électorales », ce qu’elle ne juge « pas sérieux ».

Le texte sera débattu par l’ensemble des députés mercredi 8 février prochain, et sou­mis à leur vote le mardi 14 février.