Grève des enseignants : « le ras-le-bol d’un métier s’est exprimé »

Suite à la grève des enseignants hier, le ministère s'est voulu rassurant. La tension n'est cependant pas retombée et les inquiétudes demeurent. Tour d'horizon.

Entre 9000 enseignants selon la police, premier et second degrés confondus , et 20 000 selon la FSU, ont manifesté à Paris mardi 31 janvier pour le retrait du projet de décret sur l’évaluation des enseignants et contre les suppressions de postes.

Vu les écarts entre les chiffres communiqués, il est pour l’instant difficile de tirer un véritable bilan de la mobilisation. Elle a été toutefois beaucoup plus importante que celle de la précédente grève, le 15 décembre dernier.

Les syndicats enseignants sont globalement satisfaits de la mobilisation et Frédérique Rolet, co-secrétaire général du Snes, déclarait hier : c’est « le ras-le-bol d’un métier malmené qui s’exprime aujourd’hui ».

Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU, qui était en tête du cortège à Paris et dont le syndicat représentait le plus gros des effectifs de grévistes, déclarait hier de son côté : « Le taux de grévistes est important et ce n’était pas gagné ».

A noter également dans le cortège, la présence de nombreux enseignants RASED. Ils devraient être particulièrement touchés par les suppressions de postes, 2500 postes de RASED devant être supprimés à la rentrée prochaine sur les 14 000 suppressions de postes d’enseignants prévues, d’après les chiffres du SNUipp.

Suite à la manifestation, le ministère de l’Education nationale s’est voulu rassurant. « Le dispositif que nous proposons comporte un entretien individuel avec le supérieur hiérarchique direct », et il s’appuiera sur l’inspection, « car il n’est pas du tout question de faire disparaître l’inspection comme je l’entends de-ci de-là », affirmait ainsi hier à l’AFP Josette Théophile, directrice générale des ressources humaines du ministère.

Elle a ajouté qu’actuellement, un enseignant était en moyenne inspecté tous les sept ans. Or avec ce nouveau système, l’enseignant aura l’occasion de faire un bilan beaucoup plus régulier sur son métier, d’envisager avec son encadrant des actions formatives etc.

Pour François Portzer, président du Snalc, cependant, le projet de « réforme de l’évaluation des enseignants du secondaire est gravissime car elle remet en question la spécificité de notre métier ». Pour le syndicat en effet « le chef d’établissement n’est pas compétent pour évaluer les disciplines ».

Yves Delahaie, professeur de lettres modernes en collège, militant du Modem, juge dans un article sur Le Plus Nouvel Obs, qu’en effet est proposé « un système dans lequel le principal ou le proviseur, qui évalue déjà les compétences administratives de l’enseignant, sera amené à apprécier sa pédagogie. Et d’ajouter : « comme si un ancien CPE ou un ancien professeur d’EPS était à même d’évaluer la pédagogie d’un professeur de lettres ou de SVT ! ».

Mais il écrit aussi que « dans l’Education nationale, la grève ne sert plus à rien ».

Source(s) :
  • Avec AFP, AEF, TF1.fr, Le Plus Nouvel Obs

1 commentaire sur "Grève des enseignants : « le ras-le-bol d’un métier s’est exprimé »"

  1. mmd  3 février 2012 à 16 h 01 min

    Il y avait dans la rue enseignants et non enseignants; le syndicat des administratifs « snasub-fsu » notamment appelait à la mobilisation.Signaler un abus

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