L’enseignement catholique contre la création de 60.000 postes dans l’Education nationale

Eric de Labarre, secrétaire général de l'enseignement catholique, est opposé à la création de 60.000 postes promise par François Hollande. Il souhaite par ailleurs développer l'autonomie des établissements scolaires.

Le secrétaire général de l’enseignement catholique, Eric de Labarre, se dit opposé à la créa­tion de 60.000 postes dans l’Education nationale prônée par le candidat socialiste à la présidentielle, François Hollande. Au regard de « la situation budgétaire », il lui semble « impossible de rétablir ces 60.000 postes ». Il juge par ailleurs que la question de l’école ne doit pas être abordée « par le biais des moyens ».

Eric de Labarre estime même « qu’on peut pro­ba­ble­ment conti­nuer à sup­pri­mer [des postes] sans que la qua­lité de l’offre de for­ma­tion s’en res­sente. Mais cela sup­pose des adap­ta­tions ». Il propose par exemple d’alléger « d’une heure l’emploi du temps heb­do­ma­daire très chargé de col­lé­giens (27 heures envi­ron contre 28) », ce qui permettrait de gagner « de 13.000 à 15.000 postes ». Par contre, il pense que revoir les « obligations de service » des professeurs, comme l’envisage Nicolas Sarkozy, ne conduirait qu’à faire « échouer » toute réforme de l’école.

Dans un manifeste publié hier à l’attention des candidats à l’Elysée, l’enseignement catholique se positionne par ailleurs en faveur d’une autonomie accrue des établissements scolaires. Dans cette optique, le manifeste propose d’« assurer une réelle globalisation annuelle de la dotation horaire des établissements », et de « reconnaître le rôle du chef d’établissement dans le recrutement des professeurs et leur évaluation ».

L’enseignement catholique demande en outre à l’Etat de « reconnaître le rôle central des professeurs », de « revaloriser [leur] rémunération et créer de nouvelles opportunités de carrière et de promotion professionnelle et personnelle ». Concernant leur pratique du métier, il suggère « de développer le travail par projet et en équipe pédagogique ».

L’enseignement catholique compte 8.300 établissements scolaires et scolarise 18 % (2 millions) des élèves.

Source(s) :
  • AFP, enseignement-catholique.fr, la-croix.com, leschos.fr

3 commentaires sur "L’enseignement catholique contre la création de 60.000 postes dans l’Education nationale"

  1. Eddy  26 janvier 2012 à 9 h 16 min

    L’enseignement catholique est transformé discrètement en structure explicitement ecclésiale. En effet, fin 2008, ce dernier devient « un service national de la conférence des évêques de France ». Alors que jusqu’ici, ce réseau fonctionnait sous tutelle d’une commission informelle de l’épiscopat encadrée par un évêque, l’entité « enseignement catholique » est ainsi devenue, désormais, un service direct de l’Église catholique.

    La stratégie actuelle des tenants de l’enseignement privé vise ainsi à faire admettre l’enseignement catholique comme partenaire à part entière des pouvoirs publics, et surtout des collectivités locales, en lieu et place des établissements. Mais ni l’Etat ni les collectivités locales ne peuvent reconnaitre un réseau et encore moins cette structure confessionnelle

    Le fameux « caractère propre », est un concept inventé pour ne pas contrevenir ouvertement à la loi de séparation des Églises et de l’État de 1905. L’entité « enseignement catholique » ne figure dans aucun texte législatif. La loi Debré de 1959 régit en effet « les relations entre l’État et les établissements d’enseignement privés ».

    http://sauvons-lecole.over-blog.com/article-expansionnisme-de-l-enseignement-prive-catholique-aide-par-la-puissance-publique-alors-que-sa-freq-97813400.html

    http://www.la-republique-contre-son-ecole.fr/

    http://www.main-basse-sur-ecole-publique.com/

    http://www.eglise-et-ecole.com/Signaler un abus

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  2. eddy  26 janvier 2012 à 9 h 55 min

    « La situation budgétaire est telle qu’il me semble impossible de rétablir ces 60 000 postes. Je pense même qu’on peut probablement continuer à en supprimer sans que la qualité de l’offre de formation s’en ressente. » Interview du 24 janvier 2012 dans La Croix, du secrétaire général de l’enseignement catholique. Légitimité institutionnelle usurpée, seuls les établissements privés « à caractère propre » sont des entités juridiques reconnues, comment peut-il aussi prétendre parler au nom de l’enseignement public ?Signaler un abus

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  3. Moi  14 février 2012 à 17 h 36 min

    Ce n’est pas l’enseignement catholique mais les quelques privilégiés qui sont à sa tête qui n’en veulent pas. Les profs du privé sont surement pour mais réduits au silence et trop brimés pour le dire.Signaler un abus

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