Dr Serog : « la fatigue hivernale n’est pas une vue de l’esprit »

Stress, rhumes, déprime… Il est fréquent de se sentir très fatigué en hiver. Comment garder le moral et rester zen devant ses élèves ? Le Dr Patrick Serog, médecin nutritionniste, explique comment se protéger de la fatigue hivernale.

Docteur SerogLa fatigue hivernale est-elle une « idée » ou une réalité ?

Ce n’est pas une vue de l’esprit, il s’agit de vrais états de fatigue. A cette période de l’année, il y a de nombreux virus dans l’air, surtout lors des périodes de redoux. Et à chaque fois qu’il se sent attaqué, le système immunitaire réagit en fabriquant des anticorps, ce qui nécessite de l’énergie et génère de la fatigue.

Quelles sont les autres causes et facteurs déclencheurs ?

L’alimentation joue tout particulièrement. Il faut donc veiller à ce qu’elle soit riche en antioxydants, ce qui passe par la consommation de légumes et de fruits de couleurs différentes. Le sommeil est un autre paramètre important : il faut qu’il soit le plus régulier possible. En ville, les habitants dorment en général moins bien, l’environnement est plus stressant : il y a plus de bruits et de contraintes sociales et professionnelles. Chez certaines personnes, la lumière peut aussi avoir une influence, surtout chez celles qui ont besoin d’une luminosité constante. La survenue de petites dépressions peut être un signe d’un manque de lumière.

Concrètement, quels sont les moyens les plus efficaces pour lutter contre la fatigue hivernale ?

Tout est lié : il faut à la fois veiller à son alimentation, ne pas se coucher trop tard et si l’on a du mal à s’endormir, je conseille d’effectuer des exercices de respiration ou d’écouter des musiques qui endorment. En cas d’atmosphère trop sèche dans la chambre, l’utilisation d’un vaporisateur d’eau permet d’éviter d’avoir les muqueuses irritées et cela favorise le sommeil. Bien qu’il fasse souvent froid l’hiver et nuit plus tôt, il faut aussi continuer à pratiquer une activité physique régulière. Le mouvement aide à la défense de l’organisme.

Les vitamines et probiotiques, volontiers vantés par la publicité, peuvent-ils aider ?

Ce sont deux choses différentes. Certaines études montrent que l’utilisation de probiotiques (ndlr : des micro-organismes vivants), spécialement dans le lait des nourrissons, a pour effet de réduire les risques d’infection. En revanche, chez les adultes, on ne sait pas très bien. En ce qui concerne les vitamines, aucune certitude non plus sur leurs effets. Il peut y avoir des déficiences mais il n’y a pas de grande carence dans la population, même chez les gens qui ont une alimentation très segmentée.

Le stress joue-t-il un rôle? Que conseillez-vous aux enseignants qui y sont exposés ?

Les enseignants doivent anticiper le point de rupture. Il faut essayer de ne pas y arriver car une fois la limite franchie, la reconstruction est plus longue, plus difficile et plus chère. L’important est de réaliser un travail d’introspection pour se demander quel mécanisme a fait que la situation s’est détériorée. Le plus souvent, l’attitude des élèves ou d’un proviseur n’est pas le vrai point de départ. Le fait d’identifier des problèmes personnels et d’en parler, une maladie chronique ou un souci avec son conjoint par exemple, permet en général de retrouver son équilibre.

Quand faut-il se préoccuper d’un état de fatigue et consulter ?

A partir du moment où l’on se sent très fatigué en se levant le matin. Ou lorsque l’on pique du nez au travail dans la journée et que sa capacité de concentration diminue. Dans ce cas, même boire du café ne suffit pas car le coup de fouet est très éphémère. Il faut consulter car il peut très bien ne s’agir que d’une carence en fer.

Charles Centofanti

1 commentaire sur "Dr Serog : « la fatigue hivernale n’est pas une vue de l’esprit »"

  1. Emma Chelles  24 janvier 2012 à 17 h 43 min

    D’accord sur « anticiper le point de rupture », là-dessus, j’ai progressé. Mais, je trouve étrange de nier le stress au travail et certaines attitudes des élèves ou de collègues qui pèsent comme du harcèlement. Facile de dire, cherchez en vous, « l’attitude des élèves ou du proviseur n’est pas le point de départ ». Ca coûte parfois bien plus qu’une introspection, une psychothérapie ? Et on cherche une cause en nous, on se remet sans cesse en question. Pourquoi en suis-je là ? à moi de me soigner.

    Il y a des progrès à faire en psychologie du travail dans l’éducation Nationale pour améliorer les conditions de travail des élèves et des professeurs.Signaler un abus

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