Revoir les obligations de service des enseignants est « une erreur » (Vincent Peillon)

Vincent Peillon et Luc Chatel ont confronté leur vision de l'éducation, dans une interview croisée publiée aujourd'hui dans Libération. Luc Chatel a insisté sur la réforme du statut de 1950, ce que Vincent Peillon considère comme une erreur et une "faute".

Vincent Peillon, chargé de l’éducation dans l’équipe Hollande, estime que « commencer par revoir les « obligations de service » est une erreur », dans une interview croisée avec le ministre de l’Education nationale, Luc Chatel, publiée aujourd’hui dans Libération.

Luc Chatel souhaite à l’avenir « déterminer le temps de travail des enseignants par des heures de présence dans l’établissement (…) et non plus seulement par des heures de cours comme cela se fait depuis le décret de 1950 », qui définit une obligation de service de 18 heures de cours hebdomadaires pour les professeurs certifiés, et de 15 heures pour les agrégés. Pour Vincent Peillon, il s’agit d’« une faute à l’égard des enseignants qu’on a l’air de désigner comme responsables d’échecs imputables à une politique. Aucun pro­fes­seur du secon­daire ne tra­vaille 15 heures ou 18 heures, mais 37, voire 38 heures », a-t-il déclaré.

Une étude menée en 2002 par le ministère de l’Education nationale avait évalué à près de 40 heures heb­do­ma­daires le temps de travail effectif des enseignants du second degré en période scolaire.

A pro­pos des salaires, Luc Chatel a rappelé « avoir aug­menté de 18 % » en cinq ans les pro­fes­seurs débutants qui pas­se­ront à 2.000 euros bruts au 1er février prochain, plaidant ainsi pour « moins d’enseignants mais mieux rému­né­rés ». A l’opposé, le candidat socialiste François Hollande promet la création de 60.000 postes dans l’Education nationale sur 5 ans s’il est élu.

« Nicolas Sarkozy ne croit qu’en l’argent. Mais tout le monde ne fonc­tionne pas qu’à l’appât du gain et ce n’est pas la demande pre­mière des enseignants. (…) C’est même beau­coup de mépris envers eux », a affirmé de son côté Vincent Peillon. « Quant à la reva­lo­ri­sa­tion qu’il se vante d’avoir faite, c’est de la poudre aux yeux. Il en fau­dra bien une, mais réelle », a-t-il ajouté.

« On ne peut pas trai­ter ces ques­tions avec des slo­gans. Après une concer­ta­tion appro­fon­die, si nous l’emportons, nous pré­voyons une loi à l’automne », a précisé Vincent Peillon.

Source(s) :
  • AFP, tf1.fr

2 commentaires sur "Revoir les obligations de service des enseignants est « une erreur » (Vincent Peillon)"

  1. nipigeonsnimoutons  19 janvier 2012 à 12 h 24 min

    Janvier traditionnel mois des soldes! Certains vendent leurs vieux coucous et Monsieur Sarkozy tente de faire croire qu’il revalorisera les enseignants en supprimant des postes. Cet article là était déjà en rayon il y a cinq ans!!! Non Monsieur Sarkozy! Vous avez menti et vous mentez encore. Une écrasante majorité d’enseignants n’a pas vue son salaire augmenter. Quand vous annoncez une augmentation de salaire, celle-ci ne s’adresse qu’à une catégorie d’enseignants et ça vous vous gardez bien de le dire. Par contre, pour ce qui est de la surcharge de travail, les enseignants savent très bien qu’elle n’a fait que croitre sous votre quinquennat. Travailler plus? Oui mais pour au final avoir toujours moins.Signaler un abus

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  2. alainaugé  22 janvier 2012 à 20 h 13 min

    Mr PEILLON voudrait nous faire croire à la pénibilité du métier d’enseignant ! Il va bientôt proposer une retraite anticipée !! Chercherait-il des voix ?
    Oui Mr PEILLON ? on peut gagner plus en travaillant plus, à condition de disposer du temps nécessaire. Avec 40h de travail par semaine et 5 semaines de congés pour déstresser, c’est difficile. Mais un professeur, tout en assurant correctement son travail, possède du temps.
    Un prof de BTS doit 11h15 par semaine, un prof de prépa doit 9 h par semaine. Cela leur laisse le temps d’aller enseigner dans d’autres établissements EPLE (IUT, Facs, Ecoles d’Ingé, GRETA,..) ou dans les Instituts privés, ou à Acadomia..
    Pendant les 4 mois de vacances (il faut bien récupérer !) un prof peut exercer d’autres activités lucratives (Directeur de colos, prof de.. judo, natation, tennis,.. macramé..)
    En 33 ans d’enseignement j’ai toujours frôlé le cumul (doublement du salaire annuel) sans pour autant le dépasser. Je défie quiconque de prouver que je n’ai pas fait correctement mon travail (19,8/20 !!). Et cela sans le stress de l’éventuelle perte d’emploi puisque j’étais « titulaire ». La seule chose que je regrette c’est que l’Education nationale, contrairement au privé, ne prenne pas en compte pour la retraite les heures supplémentaires. Il faut se contenter de 80% du dernier salaire net !! Je trouve cela scandaleux. N’en déplaise aux camarades syndiqués.Signaler un abus

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