Hollande et les 60.000 postes promis dans l’éducation : redéploiement ou création ?

La promesse de François Hollande de créer 60.000 postes dans l'Education nationale crée la polémique dans les rangs des socialistes : s'agit-il d'une véritable création de postes, ou d'un redéploiement de postes existants au sein de la fonction publique ?

Le député socialiste Jérôme Cahuzac, chargé des finances au sein de l’équipe de François Hollande, a lancé une polémique en déclarant lundi dernier sur France 2 que la création de 60.000 postes dans l’éducation serait menée par le redéploiement d’autres postes de la fonction publique. « Il n’y aura pas de postes supplémentaires créés dans la fonction publique d’Etat, pour une raison assez simple, c’est que la France n’en a tout simplement pas les moyens », a affirmé Jérôme Cahuzac.

L’aile gauche du PS, menée notamment par Benoît Hamon, porte-parole du parti, a immédiatement protesté contre cette « interprétation » par Jérôme Cahuzac de « la proposition ambitieuse de François Hollande » de créer 60.000 postes d’enseignants. « Un poste de professeur en plus ne peut être payé par un poste d’infirmière en moins », ont souligné dans un communiqué commun Benoît Hamon, Henri Emmanuelli, député des Landes, et Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice de Paris.

L’UMP a saisi l’occasion pour dénoncer les incertitudes entourant la promesse de François Hollande. Jean-François Copé, secrétaire général de l’UMP, a ainsi évoqué sur France Info une « polémique ridicule », observant que « M. Hollande devient de plus en plus celui qui ne décide rien ». « Ce litige interne au PS a le mérite de montrer que la promesse électoraliste de François Hollande conduira soit à supprimer des postes dans dautres services publics, soit à augmenter la dépense publique », a pour sa part réagi Michèle Tabarot, déléguée générale du parti présidentiel. Sébastien Huyghe, secrétaire national de l’UMP, et le ministre de l’Education nationale, Luc Chatel, ont tous deux demandé à François Hollande de clarifier sa position.

« Je vous confirme au nom de François Hollande qu’il n’y aura pas de redéploiement interne », a déclaré aujourd’hui à l’AEF Vincent Peillon, en charge de l’éducation dans son équipe de campagne. « Dans l’Éducation nationale, 30.000 personnes partent chaque année en retraite. Aujourd’hui ils ne sont pas remplacés. Nous avons décidé d’arrêter cette politique, de remplacer ces 30.000 personnes, et de créer, en plus, 12.000 postes par an », détaille-t-il.

Vincent Peillon a précisé que ces 12.000 postes ne seront pas uniquement constitués d’enseignants, mais aussi de CPE, d’infirmières scolaires et de « nouveaux métiers ».

Source(s) :
  • AFP, AEF, francetv.fr, benoithamon.fr, u-m-p.org

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