Un amendement au projet de loi sur l’exécution des peines, adopté à l’Assemblée ce jeudi, déclenche la polémique dans la communauté judiciaire. Cet amendement est une réponse au meurtre de la jeune Agnès par un de ses camarades de lycée, suite auquel le ministre de la justice avait promis d’instaurer des mesures pour favoriser le partage des informations entre la justice et les établissements scolaires. Il rend obligatoire le signalement de la mise sous contrôle judiciaire d’un élève à son chef d’établissement.

Si, pour le député UMP Eric Ciotti, il s’agit d’un « dispositif pertinent et équilibré qui sera très protecteur pour notre société », Virginie Valton, vice-présidente de l’Union syndicale des magistrats, estime dans le Figaro que cela « met en danger la présomption d’innocence ». D’autre part, cela fait porter aux chefs d’établissement « une responsabilité qu’ils n’ont pas forcément les moyens d’assumer ».

Dominique Attias, responsable de l’Antenne des mineurs du barreau de Paris, est encore plus virulente. « Comment pourra-t-on contrôler les fuites ? s’interroge-t-elle. Toute réinsertion deviendra impossible, les enfants seront marqués au fer rouge même s’ils sont innocentés. […] Cela va briser la vie des jeunes concernés ».