Le psychanalyste Boris Cyrulnik, l’ancien résistant et écrivain Stéphane Hessel, le généticien Axel Kahn ou encore le rappeur Abd Al Malik… Ils font partie de la cinquantaine de personnalités qui ont signé le « Pacte contre l’échec scolaire » publié aujourd’hui dans Libération, et consultable en ligne à l’adresse pacteechecscolaire.org. Cet appel a été lancé par l’Afev, asso­cia­tion d’étudiants bénévoles faisant du sou­tien scolaire dans les quar­tiers popu­laires. L’association avait déjà proposé une première version de ce pacte en septembre dernier, à l’occasion de la 4ème jour­née du refus de l’échec sco­laire.

Le texte du pacte rappelle que la France « connaît un échec scolaire massif qui se traduit par la sortie du système éducatif de 150.000 jeunes sans diplôme chaque année ». L’Afev identifie trois priorités pour remédier à cette situation : améliorer le « bien-être et la sérénité des élèves » pour favoriser « la performance scolaire », « réinventer le collège unique », et enfin moderniser la filière professionnelle, afin qu’elle ne soit plus un choix « par défaut » pour les élèves « non qualifiés » pour les filières générales.

Pour favoriser le bien-être des élèves, l’Afev prône de remplacer les notes par une évaluation des compétences en primaire, d’« intégrer le travail personnel au temps scolaire afin de ne plus laisser les plus fragiles seuls face à leurs devoirs », et de faire un suivi du climat scolaire dans les établissements. Le collège devrait quant à lui « être repensé comme le prolongement de l’école primaire afin que chaque élève en sorte avec les compétences (…) nécessaires pour son futur parcours », via des enseignements très généraux à l’entrée et de plus en plus spécialisés, et davantage de travail en petits groupes.

Quant à l’enseignement professionnel, qui « accueille un tiers des lycéens français » et concentre la majorité des sorties d’élèves sans diplôme, il faudrait selon l’association « améliorer les conditions d’accueil, élargir l’offre de filières, moderniser le matériel mis à disposition, renforcer le lien avec le monde professionnel, accompagner les bacheliers professionnels vers la poursuite d’études… », afin que ce choix d’orientation, souvent vécu « comme une injustice », soit choisi et non subi.