Réactions aux voeux de Sarkozy aux acteurs de l’éducation

Les voeux de Nicolas Sarkozy aux acteurs de l'éducation, jeudi dernier, ont été perçus comme une "attaque libérale" sur l'école par les syndicats enseignants, et ont inquiété la Société des agrégés "sur l'avenir de l'éducation nationale".

Le président de la République a présenté jeudi 5 janvier ses voeux aux personnels de l’éducation, sur le site du Futuroscope. Il y réaffirmait notamment son ambition de réformer les statuts de la profession d’enseignant, qui remontent à 1950, pour accroître le temps de présence en établissement en contrepartie d’une plus grande rémunération. Ses déclarations ont suscité diverses réactions, aussi bien de la part de l’opposition que des syndicats ou encore des associations d’enseignants.

« Après avoir affaibli et attaqué l’école (…), la considérant comme une simple variable d’ajustement budgétaire, moquant le savoir, brutalisant les chercheurs, humiliant la laïcité, Nicolas Sarkozy semble vouloir faire son mea culpa », commente Vincent Peillon, chargé de l’éducation au sein de l’équipe de campagne de François Hollande. Il rappelle que Nicolas Sarkozy « a tellement dégradé la condition [des enseignants] que la France peine aujourd’hui à recruter des professeurs ». Il reproche au président son « refus de restaurer les moyens supprimés », une « volonté de ségrégation précoce des élèves » et un programme d’autonomie des établissements, qui font de lui « le liquidateur du modèle républicain d’éducation ».

La Société des agrégés de l’Université relève quant à elle six points dans le discours de Sarkozy qui ne sont pas « de nature à [la] rassurer sur l’avenir de l’éducation nationale ». Elle déplore notamment que Nicolas Sarkozy compte « faire mieux avec les mêmes moyens », et regrette que « la révision des statuts ne vise réellement que l’augmentation du temps de travail des professeurs ». Elle note par ailleurs que l’accroissement du temps de présence des professeurs dans l’établissement « exigerait la création d’au moins 142.041 bureaux », à raison de trois professeurs par bureau.

Du côté des syndicats, le SE-Unsa voit dans les voeux de Nicolas Sarkozy « la poursuite de sa politique d’étouffement budgétaire » et signale qu’en 2007, le président annonçait déjà dans sa Lettre aux éducateurs vouloir « faire de la revalorisation du métier d’enseignant l’une des priorités de [son] quinquennat »« et que les personnels attendent toujours ! ». Le Snes-FSU dénonce une « attaque libérale sur l’Ecole », et remarque qu’« aucune réponse n’est donnée à la demande collective de retrait des projets de textes sur l’évaluation ». Le SNALC-FGAF rappelle pour sa part que « le temps de travail des professeurs » est déjà évalué par le ministère à 40h hebdomadaires. « Dès lors, imposer un temps de présence accru dans les établissements n’a absolument aucun sens », souligne le syndicat.

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