Un décret du 29 décembre 2011, publié vendredi 30 décembre au Journal Officiel, repousse au 1er janvier 2013 la généralisation de l’entretien d’évaluation des fonctionnaires avec leur supérieur hiérarchique direct, et donc la fin de l’actuelle notation chiffrée.

La fédération syndicale Unsa Education invite le ministre de l’Education nationale, Luc Chatel, à profiter de ce délai d’un an pour ouvrir des discussions sur sa réforme de l’évaluation des enseignants. Pour l’Unsa Education, il n’y a en effet pas « d’urgence, pour le ministre de l’Education natio­nale à per­sis­ter dans une réforme non seule­ment pré­ci­pi­tée mais dont les dis­po­si­tions seraient éminem­ment dom­ma­geables en termes de progression réelle de car­rière pour tous les ensei­gnants et per­son­nels d’éducation ».

L’Unsa invite le ministre à retirer ses « projets actuels » et à ouvrir des « discussions réelles », afin de « prendre en compte les nécessaires regards croisés sur les différents éléments professionnels du métier d’enseignant », « mettre en place une évaluation de la « valeur professionnelle » qui soit juste, pertinente, transparente et la plus objective possible », proposer une « réelle revalorisation » et « rouvrir le chantier » de la formation initiale et continue des enseignants.

Le 15 décembre dernier, les ensei­gnants ont fait grève et ont mani­festé à l’appel de la quasi-totalité des syn­di­cats, sauf le Sgen-CFDT, pour récla­mer le retrait du pro­jet d’évaluation, qui condui­rait selon eux à une gestion « mana­gé­riale » de leur profession. Le Snes-FSU et deux autres syn­di­cats FSU des col­lèges et lycées ont appelé à une nou­velle grève, le 31 jan­vier, ainsi qu’à une « manifestation natio­nale à Paris ».

La péti­tion inter­syn­di­cale en ligne deman­dant le retrait des textes du pro­jet de réforme a déjà recueilli plus de 70.000 signatures.