« Attaque de notre service public », « démantèlement de l’enseignement public »… Partis de gauche et syndicats ont multiplié les critiques après l’annonce par le ministère de l’Éducation, vendredi, de 14.000 nouvelles suppressions de postes à la rentrée prochaine. La passe d’armes a été particulièrement vive entre responsables socialistes et ministère.

Martine Aubry, première secrétaire du Parti socialiste, s’est dite « très inquiète par la réduction sans précédent qui s’annonce dans les effectifs d’enseignants pour la rentrée 2012 », et a demandé un moratoire sur ces suppressions de postes.

L’académie de Lille étant la plus touchée par les suppressions à venir, la maire de la ville ajoute : « Alors que l’école devrait être une priorité, le gouvernement ne cesse de l’abîmer. Cette nouvelle attaque à notre service public est inacceptable. (…) Alors que le chômage s’accroît, notre région a besoin de faire réussir ses enfants, et non de sacrifier leur éducation et leur avenir ».

Rappelant que 80.000 emplois auront été supprimés en cinq ans, François Rebsamen, président du groupe socialiste au Sénat, dénonce pour sa part un « plan social inégalé », et estime que « pour le gouvernement, les enseignants sont devenus une variable d’ajustement budgétaire ».

Luc Chatel, pour sa part, a fustigé « l’irresponsabilité » des socialistes et leur « absence totale d’idée nouvelle ». A ses yeux, « l’opposition n’a toujours pas compris qu’un État qui traverse une crise économique internationale sans précédent depuis 1945, ne peut pas continuer à vivre à crédit et à sacrifier les générations futures ».

Pour le ministre, « en matière d’éducation, le gouvernement fait au contraire le choix de la responsabilité et de l’innovation au service de l’efficacité : moins d’enseignants, mais des enseignants mieux rémunérés qui accompagnent chaque élève dans son parcours ».