Palais des Beaux-Arts de Lille : redécouverte de Louis Boilly

Le Palais des Beaux-Arts de Lille présente jusqu’au 6 février prochain une rétrospective Louis Boilly (1761-1845). Première grande exposition internationale dédiée à ce peintre originaire du Nord, ayant vécu à Paris, elle donne l’occasion de découvrir les multiples facettes d’un artiste surdoué, aussi à l’aise dans les scènes de genre et les portraits que dans la caricature ou le trompe-l’œil…

Près de 200 œuvres retraçant le parcours de Louis Boilly sont présentées et réunies pour la première fois au Palais des Beaux-Arts de Lille, à l’occasion du 250e anniversaire de sa naissance.

Son parcours original est fortement imprégné par l’histoire : il a en effet traversé huit régimes politiques différents, de la Révolution à Louis-Philippe.

Ses autoportraits sont à cet égard très révélateurs : en 1793, il peint son autoportrait en révolutionnaire, mais en 1819, on le retrouve en parfait bourgeois coiffé d’un haut de forme noir.

Au début de sa carrière, il peindra des scènes de genre qui ne sont pas sans rappeler Fragonard (1785-1791), puis s’ensuivront des œuvres marquées par la Révolution, telles « Le Triomphe de Marat » (1794) et « Le Chanteur Chenard en costume de sans-culotte » (1792). Déjà son originalité se remarque : dans « Le Triomphe de Marat », il s’auto-représente sur la toile. Il est de plus le seul personnage du tableau à être tourné vers le visiteur.

L’humour omniprésent

On le retrouvera dans d’autres toiles, comme dans « La Réunion d’artistes dans l’atelier d’Isabey » (1798). Ce tableau présente en tout 31 personnages, qui sont en fait 31 artistes de la génération de Boilly, appartenant aux disciplines les plus diverses.

Sous l’Empire et la Restauration, Boilly peindra des scènes d’extérieur, entre autres la cohue des rues de Paris. Il représente dans ses toiles, véritables scènes de vie, toutes les classes sociales, et on le considère à ce titre comme un précurseur du réalisme.

Mais il est aussi un excellent caricaturiste, et dans ses « Grimaces » (1823), il peint, en 96 caricatures, les travers de ses contemporains, quelle que soit leur origine sociale. Il annonce ainsi les caricatures de Daumier.

Enfin, il s’est essayé aussi au trompe-l’œil : un des plus célèbres d’entre eux est un guéridon, dit « Trompe-l’oeil aux pièces de monnaie sur un guéridon », qui aurait appartenu à Napoléon 1er. On y voit des pièces de monnaie, des jetons, une plume d’oie, des cartes à jouer, une loupe… ainsi que deux petits portraits –qui ne sont autres que deux autoportraits ! Enfin, l’humour culmine avec la présence sur le guéridon d’un bon d’abonnement où figurent le nom et l’adresse du peintre.

Cette exposition très riche, outre la découverte d’un artiste hors pair, est aussi l’occasion d’un travail en classe. Le Palais des Beaux-Arts de Lille met en ligne (ou à disposition sous format papier sur simple demande) un dossier pédagogique fouillé et complet, pour les enseignants des premier et second degrés.

Des visites et ateliers pédagogiques sont également organisés par le musée

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