Hier à l’Assemblée nationale, le débat a été houleux. Les députés de droite et de gauche ont en effet âprement discuté, puis la majorité parlementaire a finalement adopté la seconde version du rapport du député UMP Jacques Grosperrin, dont elle avait rejeté la première mouture le 6 juillet dernier, en raison de deux articles particulièrement polémiques.

L’un d’entre eux était la suppression pure et simple des concours enseignants et le second la suppression du concours de l’agrégation externe. Ces deux propositions avaient soulevé, lors de leur soumission à l’Assemblée, un véritable tollé, à droite comme à gauche.

La nouvelle mouture du projet comprend des aménagements concernant ces deux propositions, mais elles n’ont néanmoins pas totalement disparu du texte, ce qui fait dire à Martine Martinel, députée PS : « Je préfère le modèle traditionnel de recrutement [des enseignants] par concours de l’école républicaine que le recrutement par Pôle emploi ». Les députés de gauche ont d’ailleurs voté contre cette seconde mouture en partie à cause de ce problème des concours enseignants.

Le rapport du député UMP n’est pourtant pas complaisant avec la réforme de la formation des enseignants mise en place depuis 2010, et pointe du doigt ses insuffisances. On peut ainsi lire dans Le Figaro que le texte affirme avec force qu’il y a « urgence » à « préserver l’attractivité du métier ».

En effet, la « chute inquiétante du nombre de candidats aux concours » est soulignée ainsi que l’ »allongement de la durée des études discriminant sur le plan social ».

Dans un entretien à l’afp.com, publié sur lexpress.fr, Jacques Grosperrin pointe également du doigt le caractère beaucoup trop disciplinaire de la formation actuelle des enseignants : « le rapport propose d’orienter la formation vers davantage de pédagogie et moins de cours théoriques. La formation actuelle des futurs professeurs – basée essentiellement sur les savoirs académiques- ne correspond pas aux attentes de ce métier […] « .