Les profs du cinéma

Des "Risques du métiers" à "Bad Teacher" en passant par "P.R.O.F.S" et "Les Choristes", redécouvrez dans notre sélection des professeurs inoubliables de l'histoire du cinéma.

Le métier d’enseignant et ses péripéties quotidiennes n’ont cessé d’enflammer l’imagination des cinéastes. Sans aucune prétention d’exhaustivité, cette sélection de films revient sur quelques profs marquants de l’histoire du cinéma.

affiche du film Les risques du metier, avec Jacques Brel

Les risques du métier (André Cayatte, 1967)

« Pourquoi lui avez-vous cédé ? Vous aviez peur de lui ? Parce qu’il était l’instituteur, le maître ? »

Dans un village de Normandie, la jeune Catherine offre à l’instituteur dont elle est amoureuse, M. Doucet, un briquet de grande valeur. Ce dernier refuse le cadeau et la rejette, ne voyant en elle qu’une enfant indisciplinée. La jeune fille, humiliée, affirme alors à ses parents que l’instituteur l’a violée. Alors que le maire peine à contenir cette affaire, d’autres témoignages d’élèves accablants viennent s’ajouter au premier au cours de l’enquête…

Ce film marque les débuts de Jacques Brel en tant qu’acteur. Il offre ici une performance tragique impressionnante dans le rôle de l’instituteur pris dans la tourmente, frappé d’opprobre dans un petit village où tout se sait. Il co-signe également la bande originale du film.

affiche du film P.R.O.F.S avec Patrick Bruel et Fabrice Luchini

P.R.O.F.S (Patrick Schulmann, 1985)

« Crois-moi, parvenir à intéresser même les cons, c’est ce qui demande le plus d’intelligence. »

Fraîchement nommé en lycée, le jeune professeur de lettres Frédéric Game (Patrick Bruel) se permet d’être en retard à la pré-rentrée. Il n’arrange pas son cas en mettant en application des méthodes d’enseignement novatrices, qui lui valent l’adoration des élèves et l’inimitié de ses collègues. Ses nouveaux amis, Michel le prof de dessin (Fabrice Luchini), Gérard le prof de sport (Laurent Gamelon) et Christophe le documentaliste (Francis Ceze), vont l’aider à bousculer les habitudes de l’établissement.

Patrick Bruel a annoncé récemment le tournage prochain d’un P.R.O.F.S 2, 26 ans après le premier opus.

Le titre du film en forme d’acronyme est une référence au film culte M*A*S*H de Robert Altman (1970), qui narre les frasques de trois chirurgiens insubordonnés de l’armée américaine pendant la guerre de Corée. Dans une scène du film, Frédéric placarde d’ailleurs l’affiche de M*A*S*H sur le panneau du ciné-club du lycée.

affiche du film Le cercle des poètes disparus avec Robin Williams

Le cercle des poètes disparus (Peter Weir, 1989)

« On ne lit pas et on n’écrit pas de la poésie parce que ça fait joli. Nous lisons et nous écrivons de la poésie parce que nous faisons partie de la race humaine; et que cette même race foisonne de passions. »

Robin Williams campe dans ce film un professeur de lettres anticonformiste, Mr Keating, désireux de rendre leur indépendance d’esprit aux élèves d’une université américaine traditionnelle, à la fin des années 1950. Inspirés par la devise « Carpe diem », ses élèves vont ressusciter le cercle des poètes disparus, un groupe d’esprits libres dont M. Keating fut, en son temps, l’un des membres influents. La découverte de la liberté va changer leur vie à jamais.

Nominé pour trois distinctions aux Oscars de 1989, il décroche celui du meilleur scénario original. En 2004, le réalisateur Mike Newell propose avec Le sourire de Mona Lisa une sorte de version féminine (et féministe) du Cercle des poètes disparus, où l’art remplace la poésie.

affiche du film Madadayo d'Akira Kurosawa

Madadayo (Akira Kurosawa, 1993)

« Vous êtes un vrai professeur. Vous êtes comme un lingot d’or sans impuretés. »

Dernier film de Kurosawa, réalisé à 83 ans, Madadayo brosse le portrait d’un professeur d’allemand qui, au bout de 30 ans d’enseignement, décide de prendre sa retraite pour vivre de son écriture. Pour ses anciens élèves, sur deux générations, il reste à jamais le « sensei », le professeur idéal, l’exemple à suivre. Ses anciens élèves continuent d’ailleurs à lui rendre visite après son départ de l’école, et deviennent en quelque sorte ses disciples. Le titre est issu d’une scène récurrente du film : à chacun des anniversaires de l’ex-professeur, ses élèves lui demandent s’il est préparé à mourir, ce à quoi il répond systématiquement « Mada Dayo ! » (pas encore !).

Avec Madadayo, Kurosawa a souhaité rendre hommage à un écrivain tombé dans l’oubli qu’il admirait, Hyakken Uchida (1889-1971). Ce film fort mélange humour, poésie et mélancolie, mais perd beaucoup à la traduction. Il s’adressera en priorité aux nippophiles et aux amateurs de films d’art et d’essai.

affiche du film Le plus beau métier du monde, avec Gérard Depardieu

Le plus beau métier du monde (Gérard Lauzier, 1996)

« L’année scolaire qui s’annonce n’a aucune raison d’être pire que les précédentes, et je suis convaincu que la majorité d’entre nous survivra jusqu’au prochaines grandes vacances. »

Soucieux de se rapprocher de ses enfants à la suite de son divorce, Laurent Monier (joué par Gérard Depardieu), agrégé d’histoire-géographie dans un lycée paisible d’Annecy, obtient une mutation en région parisienne. Il se voit attribuer la classe la plus dure d’un collège « sensible », la 4ème techno. Il doit en outre s’accommoder d’un petit appart dans un quartier difficile, la Cité des Muriers, dont l’un des caïds n’est autre que le grand frère de son élève le plus turbulent. Sa collègue Radia, elle-même enfant des cités, lui sauve toutefois la mise.

Le scénario a été inspiré par le documentaire Une vie de prof d’Hervé Chabalier (1993), récompensé par un Fipa d’or.

affiche du film Les choristes, avec Gérard Jugnot

Les Choristes (Christophe Barratier, 2004)

« – Combien ça fait 5+3 ? – Ben 53 ! »

Qui n’a pas vu Les Choristes ? Avec huit millions et demi d’entrées en dix semaines d’exploitation, c’est l’un des plus gros succès du cinéma français. Quand Clément Mathieu (Gérard Jugnot), professeur de musique sans emploi, accepte un poste de surveillant dans le très strict internat pour mineurs du « Fond de l’étang », il est choqué par les méthodes répressives de Rachin, son directeur. En initiant au chant choral les pensionnaires, il va transformer leur quotidien.

Le film est un remake de La Cage aux rossignols (1945), réalisé par Jean Dréville, avec Noël-Noël et les Petits Chanteurs à la Croix de Bois.

L'école pour tous avec le frère de Gad Elmaleh

L’école pour tous (Eric Rochant, 2006)

« Faire par­ta­ger la jouis­sance du savoir, c’est le rôle du pro­fes­seur. » (Eric Rochant, réalisateur)

Jahwad, 30 ans, bac moins 8, recherché par la police, prend la place d’un professeur agrégé dans un collège. Bien décidé à jouer ce rôle jusqu’au bout pour sauver sa peau, il va devoir faire face à une turbulente classe de ZEP…

« On peut avoir l’impression que par­fois, ce sont les profs qui sont sou­mis à l’autorité des élèves. Et ils n’arrivent pas à ren­ver­ser le sys­tème. Je me suis donc saisi de cette situa­tion pour en faire une comé­die, et plus pré­ci­sé­ment une comé­die d’imposture », nous expliquait le réalisateur Eric Rochant dans un entretien exclusif à l’occasion de la sortie du film.

Arié Elmaleh, le frère de Gad Elmaleh, occupe le rôle principal de cette comédie.

affiche du film Entre les murs, palme d'or à Cannes en 2008

Entre les murs (Laurent Cantet, 2008)

« En fait y’a un gars là, Socrate. Il vient, il accoste des gens dans la rue et tout, il leur dit : est-ce que t’es sûr de penser ce que tu penses ? »

Ce film à tout petit budget (3 millions d’euros) a créé la suprise en décrochant la Palme d’or au Festival de Cannes 2008. L’auteur du livre éponyme Entre les murs, François Begaudeau, est aussi le co-scénariste et l’acteur principal du film, où il joue son propre rôle de prof de français en ZEP. L’histoire se concentre sur sa relation avec ses élèves.

Contrairement à Etre et avoir (2000), il ne s’agit pas d’un documentaire mais bien d’une fiction, quoique directement inspirée de l’expérience en tant qu’enseignant de l’acteur principal. Les élèves-acteurs qui se sont prêté au jeu, tous élèves du collège Françoise Dolto du XXème arrondissement de Paris, offrent une prestation remarquable.

affiche du film Indiana Jones et les aventuriers de l'Arche perdue

Indiana Jones (Steven Spielberg, 1981/1984/1989/2008)

« L’archéologie est la recherche des faits, pas de la vérité. Si c’est la vérité que vous cherchez, la classe de philosophie du professeur Tyree est au bout du couloir. »
(Indiana Jones et la dernière croisade)

Au fil de cette saga débordante d’action, de suspense et d’humour, on en oublierait presque qu’Indiana Jones est avant tout titulaire d’un doctorat de recherche et professeur d’archéologie au Marshall College, une université fictive du Connecticut qui finance ses « recherches ». Au cours de ses études, Indiana Jones est même passé par la Sorbonne pour y étudier la linguistique, en 1922, comme nous l’apprend le roman Indiana Jones and the Peril at Delphi.

Avec une ironie certaine, Indiana Jones dénonce devant ses élèves les clichés qui rythment ses aventures (« Nous [les archéologues, ndlr] ne déchiffrons pas de cartes pour exhumer un trésor, et un X n’a jamais, jamais marqué son emplacement »).

Affiche du film Bad Teacher, avec Cameron Diaz

Bad Teacher (Jake Kasdan, 2011)

« Tu sais Lynn, quand j’ai commencé à enseigner, j’ai pensé que je le faisais pour toutes les bonnes raisons. Pas trop d’heures. Les vacances d’été. Pas de comptes à rendre. »

Cette comédie décevante a peu d’autres mérites que d’être le film le plus récent où le personnage principal est un enseignant. Elizabeth Halsey (jouée par Cameron Diaz), flemmarde de nature, fait « cours » en projetant des films en classe. Jusqu’au jour où elle apprend qu’une généreuse cagnotte récompensera le prof dont les élèves auront le mieux réussi leur examen de fin d’année. Or, elle a besoin de l’argent pour s’offrir une nouvelle poitrine, et décide donc de devenir une prof modèle. Mais l’appât du gain ne suffit pas forcément à rendre son enseignement plus efficace, et il lui faudra ruser pour atteindre son but…

affiche du film Battle Royale

Battle Royale (Kinji Fukasaku, 2000)

« Donc la leçon du jour est, vous vous entretuez jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’un. Rien n’est interdit. »

Bonus macabre de cette sélection, le film d’horreur japonais Battle Royale ne parlera qu’aux professeurs définitivement dégoûtés de leurs élèves. Dans un Japon futur, la délinquance juvénile a atteint des sommets et les adultes sont terrifiés par leurs propres enfants. Dans une tentative désespérée pour les recadrer, une classe de lycéens est sacrifiée pour l’exemple. Ses élèves sont lâchés sur une île déserte, chacun recevant des vivres et une arme. Au bout de trois jours, il ne doit en rester qu’un de vivant, faute de quoi des colliers explosifs élimineront tous les survivants.

Le professeur principal de la classe, Kitano, occupe une place importante dans l’introduction et la conclusion du film. Au début, il n’hésite pas à tuer de ses mains un élève rebelle pendant la présentation de l’horreur qui attend sa classe. A la fin, il se laisse abattre par une élève qu’il adulait secrètement, et qu’il aurait voulu avoir comme fille. Il se relève toutefois, après avoir été criblé de balles, pour annoncer à sa femme qu’il ne rentrera pas à la maison. Ce personnage vil, cynique et sadique obtient sans conteste la palme du pire prof de l’histoire du cinéma.

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