A partir de février prochain, tous les enseignants débutants percevront un salaire mensuel brut supérieur à 2000 euros. C’est ce qu’a annoncé hier, jeudi, Luc Chatel, lors de sa visite au Salon de l’éducation. Pour le ministre, « une barre symbolique » est donc franchie et, compte tenu de l’augmentation accordée en mars 2010, par rapport à « 1690 € en 2007 », la hausse atteint 18% en cinq ans.

Dans le détail, les enseignants percevront 2000 € bruts par mois lors de leur première année d’exercice, 2060 € la deuxième année et 2121 entre la 2ème et la 4ème année, pour des augmentations mensuelles respectives de 100, 64 et 23 euros. Cette mesure coûtera 72 millions d’euros à l’État, financés, selon le gouvernement, par le non-remplacement de la moitié des enseignants partis à la retraite. Elle doit concerner 107.000 enseignants dans le public, et 18.000 dans le privé.

Côté syndicats, Bernadette Groison a pris acte d’une augmentation de salaire, qu’elle n’estime toutefois qu’à 5% . Selon elle, depuis la masterisation, les enseignants débutent en effet directement au 3ème échelon, et non plus au 1er, auquel font référence les 1690 € cités par le ministre. De plus, la revalorisation« ne concerne qu’un enseignant sur huit et constitue donc essentiellement un effet d’annonce ». La secrétaire générale de la FSU n’est donc « pas sûre que ce soit suffisant pour enrayer la crise de recrutement à laquelle fait face actuellement l’Éducation nationale ». Daniel Robin reconnaît pour sa part « un geste » du gouvernement. Mais il ne veut pas non plus en exagérer la portée. Pour le co-secrétaire général du Snes, les salaires « progressent plus vite mais stagnent plus longtemps ».

« Nous nous concentrons sur les jeunes enseignants, rétorque-t-on dans l’entourage de Luc Chatel, car ils font partie des plus mal payés de l’OCDE, alors que les plus âgés sont au contraire parmi les mieux payés ». Ces revalorisations doivent aussi permettre de prendre en compte le niveau de qualification plus élevé demandé aux enseignants.