Depuis les années 80, les inspectorats, qui avaient peu évolué depuis leur création au XVIIIème siècle, ont enregistré des changements importants dans la plupart des pays. C’est ce qui ressort d’une étude sur l’inspection scolaire que vient de publier l’Institut français de l’éducation (IFE).

Les inspections individuelles sont ainsi de plus en plus délaissées au profit des « inspections d’établissements », destinées à « évaluer la qualité de l’éducation ». Par ailleurs, la mission des inspecteurs s’est fréquemment déplacée du seul contrôle à l’accompagnement et au soutien des enseignants. Le plus souvent, une plus grande autonomie est laissée aux acteurs locaux. Mais elle « s’accompagne en général d’une centralisation plus forte des critères de qualité ». Enfin, note l’étude, « l’inspection a cependant un impact limité, notamment sur la réussite des élèves ».

Depuis quelques mois, l’évaluation et l’avancement des enseignants constituent de nouvelles pommes de discorde entre syndicats et gouvernement. D’ici la rentrée prochaine, le ministère veut notamment remplacer la traditionnelle double notation des professeurs par un entretien, tous les trois ans, avec leur « supérieur hiérarchique direct » : principal en collège, proviseur en lycée, et « l’inspecteur compétent » dans les écoles.

Pourtant, souligne Patrice Roussel, un chercheur interrogé par l’agence AEF, « le chef d’établissement n’est pas du tout armé pour ce nouveau métier ». Pour ce spécialiste de la gestion des ressources humaines, les chefs d’établissement ne sont pas encore prêts à en devenir les managers et, « en l’état actuel des choses, on va à l’échec ».

La semaine dernière, le principe d’une grève intersyndicale le 15 décembre dans les écoles primaires, collèges et lycées a été arrêté, pour protester contre cette réforme annoncée de l’évaluation et de l’avancement des enseignants.