Quatre ans après sa promulgation, la loi LRU est de nouveau la cible des critiques syndicales. L’annonce, en fin de semaine dernière, de la mise sous tutelle du budget de certaines universités a, en effet, relancé la polémique sur leur autonomie. Jeudi dernier, Laurent Wauquiez, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, expliquait que les budgets de huit des 83 universités françaises, accusant deux déficits successifs, seraient définis par les recteurs.

Dans la foulée, le ministère annonçait avoir mis en place, avec la CPU (Conférence des présidents d’université), un « comité des pairs » pour accompagner les universités en matière de gestion budgétaire. Les universités pourront ainsi demander l’organisation d’une concertation avec le ministère, le recteur et deux experts : Claude Jameux et Bernard Dizambourg, respectivement anciens présidents des universités de Savoie et de Paris 12.

Le ministère relativise en soulignant que « la très grande majorité des établissements est en bonne santé financière ». Mais les syndicats dénoncent les conséquences d’une autonomie appliquée au forcing. Pour Stéphane Tassel, le secrétaire général du Snesup-FSU, « avec un budget de l’enseignement supérieur en berne, contrairement à l’affichage trompeur que le ministère en fait depuis plus de quatre ans, les comptes des universités virent, l’un après l’autre, au rouge ». Le syndicat demande donc à nouveau l’« abrogation de la loi LRU, l’ouverture de négociations pour une toute autre loi » et l’adoption en « urgence de mesures budgétaires correctives d’ampleur ».

De leur côté, les syndicats Unsa affirment qu’ils « suivront avec une particulière attention la situation des huit universités mises de fait en autonomie surveillée ». Refusant que leurs personnels soient « les victimes expiatoires des insuffisances de la loi LRU », ils « s’opposeront fermement à toute remise en cause de la qualité des formations universitaires et de la recherche dans ces établissements ».