Faut-il connaître le suivi judiciaire des élèves ?

Le meurtre de la jeune Agnès par un lycéen déjà mis en examen pour viol sur une mineure relance le débat sur le degré d'information donnée aux établissements scolaires.

Après le meurtre de la jeune Agnès, au Chambon-sur-Lignon, le garde des Sceaux a ordonné l’ouverture d’une enquête pour « savoir s’il y a eu défaillance ou non » dans le suivi judiciaire de l’assassin présumé de l’adolescente. Le passé du jeune homme, un lycéen de 17 ans, déjà mis en examen et placé sous contrôle judiciaire pour viol sur mineure en août 2010 dans le Gard, est au cœur de la polémique.

Interrogée sur Europe 1, la mère de la victime a estimé que la direction du collège « devait être un peu plus vigilante » et que le drame aurait « pu être évité avec un tout petit peu moins de négligence ». Pour sa défense, la direction de l’établissement affirme avoir su que le lycéen avait fait quatre mois de prison, mais sans en connaître le motif. Le directeur du collège-lycée a donc dénoncé « le cloisonnement » entre institutions qui a, selon lui, permis le drame. Le vice-président de l’établissement s’est pour sa part « indigné » de ce « dysfonctionnement ».

Les politiques se sont emparés de la question de l’information des établissements sur le passé judiciaire des élèves. Pour Laurent Wauquiez, ministre de l’Enseignement supérieur, les « règles juridiques qui assurent la protection des mineurs délinquants », ne sont plus adaptées car « un certain nombre de jeunes dans notre société sont beaucoup plus violents qu’à l’époque où on a adopté ces règles ».

Chargé du projet présidentiel de François Hollande, le socialiste Michel Sapin estime également « évident » que « l’administration judiciaire doit absolument informer la direction d’un établissement scolaire du comportement d’un de ses élèves auparavant ». Toutefois, admet-il, « crier tout cela sur la place publique, ce serait condamner tout jeune en situation difficile à n’être accepté nulle part ».

Le président du tribunal pour enfants de Bobigny, enfin, a rappelé qu’« un juge ne prend jamais de risque ». Pour Jean-Pierre Rosenczveig, le magistrat qui avait eu à se prononcer précédemment sur le meurtrier présumé d’Agnès « était convaincu qu’il n’y avait pas de danger […] La question à se poser est la suivante: où est l’erreur ? »

Source(s) :
  • AFP, leMonde.fr, France-Info.com, lePoint.fr, le Parisien, 20 minutes, le Figaro, Europe1.fr, RMC-Info

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