Si j’étais président : « J’instituerais des groupes de parole au sein des établissements »

A l’approche des élections présidentielles, Vousnousils part à la rencontre des acteurs de l’Education nationale pour connaître les mesures qu’ils prendraient s’ils étaient élus président de la République. Ludivine Poyac, 32 ans, enseignante en classe de CM1 à l’école élémentaire Louis Pasteur B de Clichy, nous présente son programme.

Qu’est-ce que, selon vous, un bon président ?

Un homme ou une femme de caractère, capable de bien gérer les situations de crise, comme celle que nous vivons actuellement. Une personne qui n’ait pas peur de mettre en place des réformes impopulaires, si c’est in fine pour le bien du pays. Un bon président doit également être proche de ses concitoyens. S’il fait partie de l’élite, il ne doit pas pour autant en oublier la vie réelle : être conscient des différentes couches sociales et des problèmes que peut rencontrer la population.

En tant que présidente de la République, quelle serait votre première mesure concernant l’Education nationale ?

Je commencerais par réduire l’effectif des classes, en imposant un maximum de vingt-deux élèves par classe. Les grandes classes sont beaucoup plus difficiles à gérer. Le niveau étant hétérogène, les enseignants ont moins le temps de différencier le travail et de prendre en charge les élèves en difficultés. Un effectif allégé permettrait également de mieux connaître chaque enfant.

Série « Si j’étais président »

  • I. « J’instituerais des groupes de parole au sein des établissements »
  • II. « Je créerais des primes pour valoriser l’investissement des enseignants »
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Quel serait votre plan d’action pour réformer l’Education nationale ?

Sans forcément mettre en place de grandes réformes, j’allouerais tout d’abord plus de moyens à l’Education nationale. J’augmenterais ainsi le nombre de postes des enseignants dès la rentrée prochaine. Autre mesure indispensable : chaque enseignant en arrêt maladie devrait être immédiatement remplacé. Le système de remplacement dans l’Education nationale connaît actuellement trop de défaillances. Il faudrait également donner plus de moyens, humains ou matériels, aux enseignants qui doivent faire face dans leur classe à des élèves en situation de handicap.

Enfin, en ce qui concerne les rythmes scolaires, il faudrait mettre en place des journées plus courtes, mais à la condition sine qua non que tous les enfants aient des activités sportives ou culturelles après les cours, gérées par des animateurs formés dans leur domaine. Il n’y a aucun intérêt à raccourcir les journées si c’est pour que les enfants rentrent chez eux et se collent devant la télévision ! Il faut proposer aux élèves une véritable ouverture sur le monde.

On parle de plus en plus de sentiment de malaise chez les enseignants. Que feriez-vous pour améliorer la situation ?

J’instituerais des groupes de parole au sein des établissements. Les équipes enseignantes ont de moins en moins de temps pour échanger, discuter et confronter leurs difficultés. Il serait donc important d’instaurer des temps de parole dans la vie du groupe, mais également de mettre en place des réunions pédagogiques réellement adaptées à nos besoins. Ce qui n’est pas du tout le cas actuellement.

Les enseignants ont de nombreuses réunions auxquelles ils sont obligés de participer, mais qui ont peu d’intérêt en elles-mêmes. L’objectif est pourtant de nous aider dans notre façon d’enseigner, mais les heures passées en réunion ne nous apportent pas de solutions concrètes. Des séances sur l’encadrement des enfants présentant un handicap, la gestion des cas difficiles ou encore des ateliers pour gérer des situations avec des enfants violents pourraient réellement nous aider au quotidien.

L’Education nationale n’est pas suffisamment à l’écoute des enseignants, qui se retrouvent isolés sur le terrain. C’est un domaine qu’il faudrait réellement améliorer pour enrayer le malaise des enseignants. Enfin, je réhabiliterais les stages obligatoires dans le parcours de formation des professeurs des écoles, car il est totalement inadmissible que les jeunes enseignants débutent aujourd’hui leur carrière sans aucune expérience du terrain.

Stéphanie Marpinard

2 commentaires sur "Si j’étais président : « J’instituerais des groupes de parole au sein des établissements »"

  1. Sisi45  20 novembre 2011 à 18 h 17 min

    Je partage l’ensemble de ces idées et tout particulièrement celle qui consiste à instituer des groupes de parole.
    En tant que formatrice je suis amenée à proposer des temps d’analyses professionnelles (selon un cadre bien défini, un déroulement assez rigoureux pour permettre de vrais échanges et surtout de construire des réponses à des situations concrètes pour ensuite les transférer à d’autres situations).
    Si seulement nous pouvions être entendus par les IEN et les CPC !Signaler un abus

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  2. Profencolère  24 novembre 2011 à 22 h 31 min

    Notre métier nous amène à nous adapter à chaque enfant, à être à l’écoute de ses difficultés, à y remédier.
    Pourquoi les CPC et inspecteurs ne font-ils pas la même chose à notre niveau ? Les animations pédagogiques devraient donner des réponses personnalisées à chaque école, concernant leurs difficultés mais aussi leurs projets, bref une sorte de PPRE pour chaque école.
    Marre des grandes messes bourrées de banalités pédagogiques et autre rappel des textes !!!Signaler un abus

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