Le Premier ministre François Fillon a confirmé hier l’allongement du délai de carence en cas d’arrêt maladie, délai pendant lequel le salarié n’est pas indemnisé par l’assurance maladie. Actuellement de trois jours dans le secteur privé (mais souvent compensés par l’employeur dans les grandes entreprises), il devrait passer prochainement à quatre jours. Les salariés du public, jusqu’alors soumis à aucune carence, se verraient quant à eux imposer un jour de délai avant indemnisation.

Aux yeux de certains députés, une journée de carence pour les fonctionnaires était insuffisante. Mais pour le Premier ministre, le gouvernement a « réduit comme jamais les inégalités entre public et privé ». Il estime donc que « le choix d’un jour paraît raisonnable ».

Cette retenue sera effectuée sur l’ensemble du salaire des fonctionnaires, traitement de base et primes, aussi bien pour les salariés de la fonction publique d’Etat, que pour ceux de la fonction territoriale ou hospitalière.

Le gouvernement a annoncé cette mesure hier à l’issue d’un discours de Nicolas Sarkozy à Bordeaux sur la lutte contre les fraudes sociales. Elle viserait notamment à combattre les arrêts maladie jugés « abusifs ». Elle devrait également rapporter quelque 220 millions d’euros à la Sécurité Sociale.

Cette décision a été très mal accueillie par les syndicats, choqués par la volonté du gouvernement de « punir les malades ». Luc Bérille, secrétaire général de l’Unsa, s’insurge d’« une campagne de dénigrement des salariés (…) suspectés d’être tous des fraudeurs potentiels ». Pour la CFDT, il est « inacceptable de désigner les salariés en arrêt maladie comme responsables des déficits de la Sécurité sociale », alors que « les indemnités journalières [ne représentent que] 2,5% du budget de la Sécurité sociale ».

Force Ouvrière dénonce par ailleurs les « clichés selon lesquels les fonctionnaires prendraient plus d’arrêts-maladie que les salariés », qui relèvent « plus de l’idéologie qui tend à démanteler le statut de la Fonction publique que du bon sens en matière d’économie budgétaire ».