Parmi les 15 propositions de l’UMP sur le pacte républicain et la nation, destinées à alimenter le projet pour 2012 du futur candidat Nicolas Sarkozy, figure le port d’un « vêtement commun » à l’école. L’UMP a proposé jeudi dernier d’expérimenter le port de l’uniforme dans les établissements scolaires volontaires, afin de « gom­mer les inéga­li­tés sociales » et de ren­for­cer « un esprit de cohé­sion et d’appartenance com­mune à un établissement ».

D’autre part, « le port d’un vêtement commun différent de celui de l’instituteur pourrait créer un climat favorable au renforcement du prestige de l’enseignant ».

« La décision de mettre en place » une telle règle vestimentaire « serait discutée et approuvée dans les conseils d’administration des établissements ». Une généralisation du port de l’uniforme « ne serait envisagée qu’après une évaluation du dispositif et des aspects bénéfiques supposés d’une telle initiative », précise le parti majoritaire.

Le premier ministre François Fillon s’est « réjoui » de cette expérimentation, hier lors d’un rassemblement UMP à Vertou (Loire-Atlantique). Une telle mesure serait pour lui le « signe qu’à l’école il n’y a pas de dif­fé­rence de classe, pas de dif­fé­rence de classe sociale, c’est un des éléments forts de l’intégration républicaine ».

Olivier Caremelle, fondateur du Collectif des élus démocrates et républicains pour l’éducation (CEDRE), a quant à lui dénoncé « l’idéalisation du passé à des fins politiques grotesques qui amèneraient, par le simple fait de porter les mêmes habits le lissage de toutes les inégalités dans nos écoles ». Dénonçant cette idée « régressive » et « passéiste », il préconise au contraire « d’intégrer les enfants venus du dehors sans rompre leur histoire personnelle », et « d’apprendre à vivre les uns avec les autres, avec nos différences ».

En France, les établissements scolaires n’imposent plus le port de l’uniforme depuis 1968.