L’UMP souhaite revoir les missions et l’évaluation des enseignants

Inclure l'accompagnement des élèves dans les missions des enseignants, et mettre en place leur évaluation par le chef d'établissement, sont deux des trente propositions de l'UMP formulées hier lors de la convention du parti sur l'éducation.

Le ministre de l’Education nationale Luc Chatel et le secrétaire général de l’UMP Jean-François Copé ont estimé hier mardi, à leur arrivée à la convention de l’UMP sur l’éducation, qu’il était important d’avoir un débat « sans tabou » sur le statut des enseignants. « Chacun est conscient du fait que l’école a changé depuis 25 ans, que les missions de l’école ne sont plus forcément les mêmes », a expliqué Luc Chatel. Mais si « on voit bien que la mission a évolué (…), le statut est resté comme en 1950. Il est donc important qu’on en parle sans tabou », a ajouté le ministre.

L’une des trente propositions de l’UMP pour l’éducation présentées hier est de « revoir » les « obligations de service » des enseignants, pour intégrer dans leurs missions « l’accompagnement : tutorat, orientation, concertation ». Cette proposition inquiète les syndicats. « On était prêt à débattre du changement du statut, d’inclure d’autres modalités dans notre service mais à condition que cela se traduise en diminution du service face aux élèves », remarque Patrick Gonthier, secrétaire général de l’UNSA-Education. « Là, on a bien compris que c’est en plus de ce qu’ils ont à faire. »

Pour l’UMP, cette redéfinition des missions des enseignants pourrait aboutir à « la création d’un nouveau corps qui concernerait les candidats » au Capes dès la session 2013, « et qui serait ouvert aux professeurs certifiés en exercice, sur la base du volontariat ». « Ce double sta­tut appor­tera de la concur­rence dans les établis­se­ments », déplore Patrick Gonthier.

Le parti présidentiel propose également de confier aux personnels de direction – principal, proviseur, « mais aussi, à terme, le directeur d’école » – le recrutement de leur équipe enseignante et d’administration. Les chefs d’établissement seraient en outre chargés de conduire une évaluation des enseignants, « qui mesurerait leur capacité à faire progresser les élèves ». Dans les « grands établissements », un « chef de département » désigné parmi les enseignants « pourrait animer l’équipe de professeurs de sa discipline », et participer lui aussi « à leur évaluation ». Ce système d’évaluation est d’ores et déjà « rejeté par les enseignants et les chefs d’établissements » du SNPDEN, principal syndicat des personnels de direction.

« L’UMP est en train de monter un piège : recrutements diversifiés, des rémunérations inégales et les chefs d’établissements transformés en évaluateur et notateur », résume Patrick Gonthier.

Source(s) :
  • AFP, AEF, lefigaro.fr, lemonde.fr, lesechos.fr

Partagez votre avis

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée .

Modération par la rédaction de VousNousIls. Conformément à la loi relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, vous disposez d'un droit d'accès, de modification, de rectification et de suppression des données vous concernant. Pour exercer ce droit adressez-vous à CASDEN Banque Populaire, VousNousIls.fr, 91 Cours des roches, Noisiel, 77424 Marne La Vallée Cedex 2.