L’école de la triche

Dans son livre "L'école de la triche", la journaliste Marie-Estelle Pech revient sur un phénomène de société : 70% des étudiants admettent en effet avoir déjà triché au cours de leur scolarité.

couverture du livre L'école de la triche, de Marie-Estelle PechLa triche a rythmé l’actualité de cet été, avec la fuite d’un sujet de mathématiques au bac S et la fraude au BTS NRC. Dans L’école de la triche, la journaliste du Figaro Marie-Estelle Pech a mené l’enquête pour déterminer l’étendue de ce phénomène qui toucherait plus de 70% des étudiants(1).

La fraude aux examens a pris une ampleur inégalée ces dernières années avec l’apparition des smartphones, qui permettent d’échanger facilement photos ou e-mails, et qui sont impliqués dans la moitié des cas de fraude repérés. La triche, facilitée, banalisée, en devient parfois une source de fierté pour les jeunes, comme en témoigne le succès de certains groupes Facebook signalés par l’auteure. Le groupe « Il n’est pas interdit de tricher, il est interdit de se faire prendre » compte par exemple 11.000 fans, qui partagent à visage découvert leurs souvenirs de tricheurs !

Un excellent guide de la triche

L’école de la triche est une enquête poussée qui couvre les motivations des fraudeurs, les nègres, la triche dans le monde, sa perception par les enseignants, les méthodes pour lutter contre ce phénomène… Il propose également une rétrospective de la triche depuis l’antiquité, en s’attardant particulièrement sur la triche au baccalauréat, indissociable de l’examen depuis sa création en 1809. A ses débuts, le manque de moyens d’identification est à l’origine d’un marché juteux pour les « candidats professionnels », érudits grassement payés pour passer les épreuves à la place d’un autre. Mais avec le durcissement des contrôles, la substitution d’identité a laissé place à des méthodes plus diversifiées.

Le livre est à cet égard un excellent guide de la triche, puisqu’il reprend, exemples à l’appui, des dizaines de méthodes éprouvées : antisèches sur le corps ou sur papier, partage des réponses par SMS, cours cachés dans les toilettes avant l’épreuve, gribouillis sur la trousse… Mais aussi de plus originales : fabrication de fausses étiquettes pour son tube de colle, corrigé chanté depuis l’extérieur en patois régional par un complice, piratage du système informatique de l’université, voire corruption du correcteur ! Certaines de ces méthodes ayant tout de même coûté cher à leurs auteurs.

Car, il ne faudrait pas l’oublier, la fraude au bac est passible d’une interdiction de repasser l’examen dans un délai d’un à cinq ans. A l’université, les sanctions vont de l’avertissement à l’exclusion définitive de tout établissement supérieur, en passant par le blâme ou l’exclusion temporaire d’un mois à cinq ans, avec ou sans sursis. La triche n’est pas un passe-temps sans dangers.


L’école de la triche, par Marie-Estelle Pech (L’Editeur).
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Note(s) :
  • (1) étude «Les facteurs individuels et contextuels de la fraude aux examens universitaires », de Pascal Guibert et Christophe Michaut, publiée dans la Revue française de pédagogie de décembre 2009.

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