Hors-Série : la Gentillesse à l’école (2/3) en partenariat avec Psychologies Magazine « La gentillesse est vecteur d’un véritable travail sur le ‘vivre ensemble' »

Le 13 novembre, Psychologies Magazine organise en France la Journée de la gentillesse. Pour cette 3ème édition, Psychologies Magazine vise plus particulièrement l’école, en proposant aux professeurs une « valisette de la gentillesse » (1). Zoom sur cette initiative qui a désormais sa place dans les programmes officiels, avec Isabelle Genty, directrice de l’école élémentaire Henri Barbusse.

Pourquoi vous engagez-vous dans cette Journée de la gentillesse ?  

Ce thème est vecteur d’un véritable travail sur le « vivre ensemble », la construction de ce qu’est « être un citoyen actif ». Lorsque le projet m’a été présenté par une de mes parents d’élèves, j’ai pensé que c’était un moyen intéressant d’entrer dans le travail sur le respect de l’autre, dans le cadre des réunions de délégués que nous commençons aussi cette année !

Justement, quels axes de travail prévoyez-vous  ?

Des délégués en cycle 3 (CM1 CM2) ont été élus cette année pour la première fois. C’est l’occasion de les faire travailler ensemble afin d’élaborer une « charte de la gentillesse« . Pour commencer, je vais les réunir pour un petit débat, comme le propose le « projet solidaire« . Je vais leur demander ce qu’évoque pour eux la gentillesse : Comment est-on gentil dans notre école avec les autres ? Par quel biais ? Ensuite ces délégués retourneront dans leur classe pour en discuter avec leurs camarades et enseignants. Ils devront faire adhérer leur classe au projet, faire vivre cette thématique.

D’ici un mois, nous nous réunirons de nouveau pour construire ensemble une charte. Nous allons également essayer de travailler avec la mairie pour aborder tout ce qui a trait à la citoyenneté. L’objectif est que les élèves travaillent sur les thèmes de la gentillesse, le respect de l’autre, puis la citoyenneté avec leurs délégués. Il sera intéressant de voir les différents choix de chaque classe. Ces divers points de vue permettront de créer un document qui nous amène tous à réfléchir !

J’attends des délégués qu’ils évoquent l’entraide au niveau des apprentissages, l’entraide en cas de conflit dans la cour, l’entraide des grands envers les petits et l’entraide pour les projets. Nous avons notamment une classe qui doit partir au Futuroscope : pour aider financièrement ce projet, ce sont toutes les familles – quelle que soit leur classe – qui font des gâteaux pour les vendre au profit de cette sortie. Je vais demander également aux délégués ce qu’ils comptent faire pour que, dans leur classe, la gentillesse soit un peu plus présente.

J’aimerais également exploiter l’idée du « tableau de coopération« , qui répertorie ce que chaque élève sait faire ou non, ce pour quoi il a besoin d’aide… Ensuite les élèves s’échangent des services. Mais il faut que ça émane d’eux : s’ils parviennent à cette idée, nous pourrions installer ces tableaux au sein des classes et permettre à chacun de s’aider un peu plus !

Sommaire hors-série La Gentillesse à l’école

Entretien avec Arnaud de Saint Simon « Cette année, nous voulons aider les enseignants »  (1)

Vous-même en tant que directrice, quel est votre idéal pour l’école ? La gentillesse est-elle une valeur qui peut y jouer un rôle clé ?

La gentillesse est l’un des points nécessaires, mais il ne faut pas pour autant perdre de vue les autres repères qui permettent de vivre ensemble (limites, respect….). Il est primordial de chercher le bon rapport. Etre juste me semble plus adéquat pour un professionnel, mais l’empathie et la gentillesse permettent d’aborder les situations d’une façon plus douce, sans pour autant perdre de vue les objectifs fixés. L’empathie est d’une grande aide pour un enfant qui rencontre des difficultés ; et il en va de même dans l’approche que j’ai de chaque famille.

L’enfant n’est pas une entité isolée : il se construit à l’aide des représentations qu’il rencontre tout au long de son parcours, tant dans sa famille qu’à l’école. Pour qu’une famille puisse accompagner son enfant dans son parcours scolaire d’une façon optimale, il faut un rapport à l’école positif. En tant que directrice mais aussi en tant qu’enseignante, je m’investis en véritable actrice dans la construction de ce rapport.

Parlons de vos espoirs par rapport aux répercussions de cette opération dans l’école : qu’espérez-vous voir évoluer dans les comportements des élèves, des professeurs ?

Je vous répondrai en termes d’objectifs et non d’espoirs. Il s’agit  de parvenir à améliorer la compétence de chaque élève en ce qui concerne le respect des autres, le respect des différences. Il s’agit aussi de travailler sur le rôle des délégués de classe et leur donner un vrai sens, car c’est à travers eux que chaque élève sera partie prenante du projet. Par ce biais, tous les élèves découvriront l’importance du rôle de délégué et du bon choix de celui-ci en termes de compétences et non de copinage : un pas vers la citoyenneté !

Du point de vue des enseignants, j’espère que chacun d’eux prendra ce sujet comme relais au sein de sa classe pour travailler sur le respect de l’autre. Avec la charte de la gentillesse par exemple ! Ce texte de référence permettra d’entrer dans un dialogue avec chaque classe en début d’année, afin de reprendre ensemble les règles de savoir vivre en société et la réflexion qui en découle. Ce travail s’inscrit donc à la fois dans le moyen terme et le long terme.

J’aimerais également travailler sur « les mots qui fâchent« , car les mots d’oiseau qu’ils s’échangent sont aussi un support à réflexion sur la portée du langage oral et ses répercussions, pour celui qui parle et pour celui qui entend.

Le terme gentillesse peut paraitre parfois « ringard ». Craignez-vous que certains élèves prendront ce thème à la légère ? Comment réagir ?

Ce terme peut être désuet pour les adultes, mais pour les enfants il ne l’est pas. Je pense, au contraire, qu’ils auront à cœur de faire réfléchir et évoluer leurs camarades sur ce thème. Pour ma part, mon patronyme étant « Madame Genty », j’ai déjà beaucoup de réponses à ce propos (sic) ! Même si on peut sourire d’un point de vue « bon mot », ce sujet n’en reste pas moins au cœur de l’actualité de chaque élève, à qui on n’a de cesse de demander d’être gentils. Une bonne occasion pour mettre du sens derrière un mot « banal ».

Retrouvez d’autres idées d’ateliers à réaliser en classe sur journee-de-la-gentillesse.psychologies.com !

Note(s) :
  • (1) La « valisette de la gentillesse », éditée par Calligram, contient trois albums (« Max et Lili veulent être gentils », « Max ne respecte rien », « Lili est malpolie »), des fiches pédagogiques et un carnet de tests avec es badges à découper.

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